28 juil. 2018

TRAVEL | A la découverte d'Edimbourg II



Bloquée dans la chaleur étouffante de Paris, je me replonge dans mes souvenirs écossais et m'attelle enfin à ce second tome concernant mon week-end pensif à Edimbourg.

Ce deuxième et dernier jour avait un goût d'introspection. J'avais programmé peu de choses mis à part grimper jusqu'à Canon Hill le matin puis passer le reste de mon après-midi au musée avant de repartir à l'aéroport à 16h. Pourtant, ma fuite dans les hauteurs de la ville fut plus court que prévu et je me retrouvais alors avec un gap certain de temps entre les mains. Je décidai donc d'accepter ce petit défi personnel d'atteindre au moins la plus petite colline d'Arthur's Seat que j'apercevais au loin, du haut de mon monticule, jusqu'ici évincer de mon planning de peur de manquer de temps et mon avion par la même occasion. Comment y aller ? Aucune idée ! J'ai descendu la colline et traversé des routes, au hasard de ce que j'apercevais au loin, comme guidée par l'instinct.



CALTON HILL


Selfie avec le Monument national d'Ecosse : « A Memorial of the Past and Incentive to the Future Heroism of the Men of Scotland »



Avant de commencer ma descente, je visualisais déjà mon objectif au loin, assez excitée par la distance que j'avais à accomplir.


Et hop, en moins de 40 minutes, je m'étais télé-transportée à pieds, m'arrêtant quelques minutes au palais Holyrood sur le chemin.



ARTHUR'S SEAT

Je ne sais pas exactement le temps que cela m'a pris d'atteindre ce premier sommet, pas autant que je l'aurai calculé vu la vitesse à laquelle je grimpais cette pente rude, faisant fi de mon corps transpirant, portée par une énergie absurde. Je suis vite arrivé en haut, m'installant dans un creux au bord du précipice, les yeux surplombant toute la ville et observant les nuages qui défilaient au dessus, plongeant certains quartiers dans l'ombre par instant. Magnifique ! Il ne faisait ni chaud, ni froid, l'air était pur. Il ne me manquait qu'un livre. Le fait même que ce paradis soit au pied du centre ville est un miracle. Qui n'aurait pas envie de passer TOUS ces week-ends ici franchement ? 


Retour chez les mortels


Si j'avais mangé un peu sur le pouce jusqu'ici, j'avais envie que mon dernier festin soit plus gustatif et de découvrir une jolie adresse que je pourrais (si j'avais de la chance) conseiller à l'avenir. J'ai marché sans trop savoir où aller guidée par les devantures colorées des rues.


Mon choix se porta sur Fig Tree Bistro, à l'extérieur vert pomme et à l'intérieur inspiré du cirque. J'y ai mangé une salade de patates douces excellente et bu une très bonne bière, la Midnight Sun, conseillé par le serveur et qui m'a rendue un peu pompette, toute seule à ma table, en quelques gorgées !


THE SCOTTISH NATIONAL GALLERY

Après cette petite randonnée, il était temps de parcourir d'autres kilomètres : ceux des siècles et de l'art. Direction la Scottish National Gallery. Situé à côté d'un arrêt de tram, je savais que je pouvais y rester aussi longtemps que je le souhaitais jusqu'à l'heure de mon départ. Je me suis assise sur un banc, à y regarder et les peintures et les autres touristes. Les pièces colorées qui les contenaient ajoutaient une touche particulière à chaque oeuvre et à l'ambiance générale.




"Flowers in a white stone vase" de Dirck de Bray




Je n'ai pas pris la référence de celui ci, sachant que ce qui a d'abord provoqué la prise de cette photo concernait surtout ce visiteur rivé à son téléphone, même devant un tableau de cette envergure.




"St Agatha" de Giovanni Busi




La fabuleuse "Lady Agnew of Lochnaw" de John Singer Sargent



Beaucoup d'oeuvres m'ont inspirée que je ne posterai pas ici parce que je trouve toujours les photos de tableaux peu représentatives mais celui de gauche, "Venus and Cupid" de Lucas Cranach fait parti de mes préférés. A droite, "A Scots girl" de William Brodie.


A la revoyure Edimbourg ♥

14 mai 2018

TRAVEL | A la découverte d'Edimbourg I


Plus le temps passe, plus j'ai envie de quitter Paris. Non pas parce que je n'aime plus cette ville, au contraire, ce fut la première que j'ai considérée comme "chez moi" après plusieurs déménagements dans ma jeunesse mais bien parce que mes objectifs professionnels ont changé et que ma présence dans la capitale française m'apparaît de moins en moins nécessaire. Au fil du temps, je me disais "Et si je partais à Londres ?", "Et si je partais à Séoul ?", "Et si je partais à Tokyo ?" De multiples directions me tentaient, j'avais à la fois envie de chacune sans qu'aucune ne soit pour autant sérieusement envisagée. 

Puis Edimbourg est arrivé bizarrement dans ma vie il y a quelques mois. D'abord via le compte d'une instagrameuse, ensuite par des reportages sur J.K Rowling regardés avec un chocolat chaud en plein hiver, puis l'Ecosse en général via la série Outlander, des podcasts d'expatriés sur place, le blog French Kilt, et toujours ce nom qui revient en boucle à mes oreilles, doucement mais sûrement. Plus le temps passait, plus je me renseignais, plus mes pensées convergeaient vers un Eureka ! Je voyais la ville, les montagnes, la nature, la mer, les îles, les plaines et tout correspondait à mon envie de "retraite" loin de tout, c'était devenu une obsession. J'aimais dire à qui voulait l'entendre "De toute façon, un jour je vais me barrer avec mon chat en Ecosse !" et ce même sans y avoir jamais mis les pieds, comme une évidence. Tout cela n'était que fantasmé.  Jusqu'à ce court week-end la semaine dernière dans une réalité "scottish" qui a comblée toutes mes attentes ! 

Je vous emmène ?


Déjà, il a fait un temps exceptionnel (j'avais pris un parapluie mais pas de lunettes de soleil, c'est pour dire, je m'étais préparée à tout sauf ça !). A peine arrivée en pleine matinée, les rayons dorés éblouissent le château que j’aperçois pour la première fois surplombant la ville sur son rocher volcanique, illuminant mes yeux de grande enfant alors assise dans le tram en direction de mon hôtel à York Place, je trépigne  d'envie de briser la vitre et de sauter à l'extérieur tant mon impatience était grande ! Je bazarde mon sac à dos dans le lobby de l'hôtel Indigo et ni une, ni deux cours à moitié pour rejoindre Old Town emplissant mes poumons de cet air chargé d'iode qui m'a surprise à la sortie de l'avion ! Là commence ma longue escapade à pieds dans Edimbourg à un rythme effréné d'amoureuse. 

En à peine un jour et demi sur place, j'ai parcouru et checké tous les spots de ma liste personnelle (même plus !). Bien sûr, le fait de voyager seule limite les pertes de temps, surtout que je suis du genre à manger sur le pouce et à marcher à une allure rapide sans m'en rendre compte ou même me fatiguer. Pourtant, je n'ai pas fait la touriste goulue, m'autorisant des pauses lecture au bord d'un ruisseau, quelques courtes sieste dans des parcs ou de longs moments pensifs sur la colline qui n'ont en rien entravés ce court "date" que je m'étais programmé en secret avec la ville.


CHÂTEAU D'EDIMBOURG

En premier, le château ! J'adore les châteaux, depuis toujours, ayant grandi un temps en Eure-et-Loir, région qui en comporte quelques uns et qui ont tous fait l'objet des sorties scolaires que j'ai pu faire en primaire sans parler d'un père qui était obsédé par Versailles...  Je grimpe instinctivement vers lui, sans Google Maps (que je n'utiliserai pas du week-end remplacé par une carte du centre imprimée en amont), les montées rudes pour l'atteindre ne m'épuisent pas tant mon énergie est folle. Comme il est tôt, si touristes il y a en nombre de part le fait que c'est le point à ne pas louper pour chaque voyageur, ça reste praticable et je reste longtemps sur place à observer le vue. Plus tard, alors que je reprenais ma balade et le regardais au loin, j'ai levé les yeux par hasard lorsque le coup de canon a eu lieu, à 13h pile, comme chaque jour !


Je ne prendrai pas de ticket pour le visiter car j'ai surtout envie de dévorer la ville et que j'aurai tout le temps de faire ça quand j'habiterai là (j'y suis déjà dans ma tête !). Je redescends la Royal Mile au pif, remplies de boutiques de cachemire, d'écharpes tartan et divertissements touristiques, sans but précis, checkant chaque petite rue cachée et plus calme sur les côtés, dévoilant des cours mystérieuses avant de tomber sur :


VICTORIA STREET

Cette rue colorée qui a inspirée Dragon Alley dans Harry Potter comportait son taux de boutique dédiées à la série des livres de J.K Rowling, rendant la balade magique, presque irréelle, comme à Disneyland. En soi, il est assez drôle de penser qu'Edimbourg était déjà comme ça avant qu'Harry, Ron et Hermione débarquent dans nos vies et que ce qui nous rappelle Poudlard (dont les nombreuses universités et écoles majestueuses que j'ai croisées) avait une vie propre avant de se voir attribuer cet univers. Il n'empêche que pour tout enfant qui a rêvé un jour de recevoir sa lettre d'admission à l'école des sorciers ou plus particulièrement me concernant être la fille cachée de Voldemort (chacun ses fantasmes), c'est un vrai bonheur de faire face à cette architecture qui n'est pour le coup certainement pas en carton pâte.


GREYFRIARS KIRKYARD

Vers 12h, le soleil a fui, pile quand je trouvais enfin l'entrée du cimetière Greyfriars, me plongeant dans une ambiance gloomy à souhait. Celui-ci est connu pour les multiples célébrités écossaises qui y reposent mais aussi via l'histoire de Bobby Greyfriars, un skye terrier qui est venu se coucher pendant 14 ans sur la tombe de son maître mort et qui comme symbole de fidélité par excellence illustre autant les babioles des boutiques de souvenirs du pays que Nessie (plus d'infos). Mais aussi et encore une fois de part son lien avec le monde d'Harry Potter puisqu'on y retrouve la tombe de Tom Riddle. RIP Voldemort ! Quelques groupes de visites guidées s'y baladaient, je m'y mêle et attrape des informations au vol dont le fait que c'est le cimetière le plus hanté d'Edimbourg et que des parcours y sont même programmés rien qu'à ce sujet. SPOOKY !


Un petit stop au Hula Juice Bar pour un wrap végétarien à l'avocat et un smoothie peanut butter + banane ♥


DEAN VILLAGE

Mon moment chéri de la journée et ce pour plein de raisons ! Premièrement, me rendre à Dean Village à pieds de mon hôtel (où je suis passée prendre une courte douche après avoir déjeuné, histoire de restée éveillée vu que j'étais debout depuis 4h du matin mine de rien) m'a permis de marcher en dehors des sentiers battus du centre pendant une vingtaine de minutes puis le soleil est revenu, glorieux, quand je suis arrivée sur place (après m'être perdue ici et là, découvrant des résidences magnifiques), éclairant avec la plus belle lumière d'après-midi qui soit cette vue fameuse du petit pont qui surplombe les eaux de Water of Leith et qui me faisait tant rêver sur les photos instagram croisées ; j'en avais les larmes aux yeux tellement c'était beau, apaisant. Un peu comme un Montmartre écossais avec ces petites maisons hors du temps loin de toute circulation trop massive. Un espace précieux rempli du son clapotant de l'eau, des rayons qui chauffent les pierres âgées de Well Court, des cerisiers en fleurs qui colorent le décor, de cet air chaud et bon, si incongru que chaque écossais avec qui j'ai échangé deux mots m'a affirmé être inespéré. Je me sentais tellement chanceuse d'être là à ce moment T d'où cette expression béate et contente que j'ai sur la photo qui suit plus loin, prise spontanément par une touriste japonaise qui a eu pitié de moi alors que je me tentais difficilement un selfie. C'était magique !


Ma future maison ! Je me vois tellement habiter dans ce type de quartier et d’architecture, comme un petit cube et conduire exactement la même voiture tiens (même si je n'ai pas le permis !).


SCOTTISH NATIONAL GALLERY OF MODERN ART

La galerie ne faisait pas du tout partie de mon programme, je suis tombée dessus au hasard des rues en abandonnant difficilement Dean Village. C'est la raison pour laquelle je prends rarement les transports en voyage ; déambuler à pieds est toujours plein de surprises que je serais triste de louper. J'ai été complètement soufflée par le jardin tout en zigzag d'un de ces bâtiments (la galerie est divisée en deux endroits qui se font face) qui n'est autre qu'une oeuvre d'art de Charles Jencks appelée "Landform" que les visiteurs étaient amenés à "piétiner". Je m'y suis installée, me prélassant et m'endormant comme un bébé au bord de l'eau. C'était peu de temps avant la fermeture de la galerie (qui ferme tôt, à 17h) que je n'ai donc pas eu le temps de visiter, tant pis. D'ailleurs, le site est impressionnant, on y retrouve toutes les références des œuvres exposées ! 

Attrapant de quoi manger sur le chemin retour, assise à lire sur l'herbe des Princes Street Gardens, je suis rentrée tôt dans la soirée à l'hôtel pour sombrer dans le sommeil devant un documentaire sur le retour des loups aux Etats-Unis, prête à me lever aux aurores pour grimper les hauteurs de la ville dès le lendemain matin.


La suite au prochain épisode !