19 déc. 2017

VIDEO | Jackie Mootan - Llama Fur


Cet été, j'ai tourné dans quelques productions dont j'attends encore beaucoup les rendus finaux mais l'un d'eux est déjà sorti et c'est sûrement le plus rigolo !

C'est le clip de Jackie Moontan pour sa chanson "Llama Fur" et comme vous allez le voir, on a eu la chance de danser avec un vrai llama (de son petit nom Lili). Je faisais partie des girls hautes en couleurs de Jackie dans son salon de coiffure rétro ! 


Quelques photos du tournage pour le plaisir !


CULTURE | Retour sur Les Mots

Je vous en parlais déjà très rapidement sur Instagram début octobre : j'ai participé à des ateliers d'écriture sur une période de trois mois (dix séances de deux heures au total qui se sont terminées la semaine dernière) à l'école Les Mots, située dans le quartier de Saint Michel. La thématique que j'ai choisie : "Formes et pratiques de l'autofiction" (j'ai longuement hésité avec "Trouver sa voix") dirigée par Chloé Delaume, écrivaine réputée de "Les sorcières de la République" sorti en 2016 (entre autres). Les Mots se proclame comme un lieu d'apprentissage de l'art d'écrire donnant accès à des sessions diverses à des prix variés (comptez bien 400 € pour un cursus complet tout de même) et si vous jetez un œil au site, vous trouverez toutes sortes de sujets à travailler comme "L'art de raconter, ou comment écrire à partir d'un fait divers", "Maîtriser la narration et les points de vue" ou encore "Écrire pour Youtube". 


Pourquoi avoir défini mon choix sur l'autofiction

Si j'écris régulièrement et ce depuis mes toutes premières pages roses dans mon journal intime Diddl, mes écrits sont et restent à ce jour cachés puisqu'ils concernent principalement ma vie et mes réflexions personnelles au fil des années. J'ai vaguement partagé un bout de mes productions il y a fort longtemps avec certaines d'entre vous (les plus anciennes) sur un blog semi-privé (hors ligne depuis bien sûr) où je n'y allais pas de main morte dans la description de mes journées lycéennes et de mes états d'âmes moroses qui les accompagnaient comme de ma relation très conflictuelle avec mon père. Tout prenait chair dans mon quotidien, sans tabou. Mis à part quelques poèmes, chansons et autres petits bouts de textes, je n'ai jamais rien écrit de définitivement romanesque. Et pourtant, je consume ma vie à lire, surtout des essais mais aussi parfois des fictions classiques (toujours un livre dans la poche de mon manteau). Si je ne m'aventure jamais en dehors de ce cocon, c'est parce que je me suis toujours considérée comme une balbutieuse du net, je n'écris pas : je parle en ligne. Les milliers d'articles que j'ai écrit ici, plus ou moins élaborés au fil du temps, comptent à mon sens pour du beurre (j'ai honte de l'époque où je me servais de smileys pour clore des phrases et de mes multiples mots inventés). Exemple : on m'a récemment proposé d'écrire des articles pour un site web assez connu et bien que j'y réfléchisse encore, il y a toujours une part de moi qui hurle "Non mais allô, t'es pas journaliste meuf, encore moins écrivaine, tu peux pas te permettre de faire ça !" (syndrome de l'imposteur, je te salue !). Imaginez écrire un livre ! Même pas en rêve !

Prendre un cours d'écriture et ce dans un domaine que je pratique plus ou moins déjà comme un passe-temps, c'était me permettre de voir ce que j'avais dans le ventre en douceur dans un contexte différent.

Résultat : pas grand chose. Je m'explique !


Premièrement, sur les dix cours, je n'ai pu finalement assister qu'à la moitié et ce à cause d'un emploi du temps éclectique et de priorités professionnelles dont je ne pouvais me libérer. Mais dans le lot, il y a aussi eu le fait que je n'avais parfois pas la force d'y aller. Excusez donc mon avis forcément un peu tronqué. 

Si je devais décrire cet atelier (et cela concerne uniquement ce que j'ai vu et ressenti avec Chloé Delaume), la seule image qui me vient à l'esprit, c'est celle d'une roue libre dans une salle d'attente de psychanalyste. Chloé nous a surtout donné des points de départ : "Présentez vous en je, puis en elle/il", "Parlez d'un moment de votre vie important, avec un avant et un après", "Ecrivez une nouvelle", "C'est votre corps qui vous parle". Mis à part quelques suggestions de lectures d'autofictions (dont la fabuleuse Sylvie Salvayre qu'on a rencontrée à la librairie Violette & Co ♥), il n'y avait autrement dit aucune direction à suivre en particulier. Ce qui fait que si j'ai été amené à écrire des passages (durs à accoucher parfois) qui n'auraient jamais existés sans ces heures passées au sous-sol de chez Les Mots et à les lire pour la première fois à haute voix à des personnes que je ne connais pas (je vais revenir sur ce point), je n'ai tout bonnement rien appris. Ce n'est pas forcément une constatation négative en soi mais ce n'était pas ce que je recherchais, ni ce qui allait me permettre de prendre confiance en moi sur des bases techniques (Chloé en avait par ailleurs très bien conscience qu'elle n'était pas aussi professorale que d'autres intervenants), on m'a bien fait "pratiquer l'autofiction", soit mais c'est tout bonnement tout. Puis entre nous, je n'ai jamais pu me détacher un seul instant de cette impression que ce que j'écrivais, c'était bien de la merde par rapport aux autres, j'avais un peu honte.


Mais ! Ces cours m'ont permis d'intercepter à travers leurs textes des personnes de tous âges que je n'aurai jamais croisées dans ma vie (j'adore cette sensation !). Ce fut le point le plus passionnant pour moi : écouter les autres lire ce qu'ils sont. Dès le premier atelier, chacun avec son style proclamait en quelques phrases sa personnalité, parfois même sans s'en apercevoir. On écrivait tous assez instinctivement, avec peu de temps pour nous relire, corriger nos maladresses, c'était spontané et vrai, comme si qu'importe ce qu'on veut faire percevoir de nous, quand on écrit, on oublie quelques barrières sur le chemin (même si dans le fond on ne parle que d'une tomate). 

Il n'empêche que ces rendements à l'oral m'ont fait suer ! La première fois j'ai cru que mon cœur allait faire un bon ; je m'étais jusqu'alors imaginé qu'on allait déposer nos textes en fin de cours attendant les remarques de Chloé au prochain (plus scolaire tu meurs), pas qu'on allait publiquement s'annoncer devant des inconnus. La bouche sèche, les mains qui tremblent, la voix qui déraille, cela faisait des années que je n'avais pas ressenti ces symptômes en public (ça m'a rappelé mes débuts au théâtre). C'était aussi la première fois que je lisais moi-même ma propre voix écrite. Je m'entends quand je pose ce que je dis sur le papier mais jamais je ne déclame mes phrases ni ne surprend qui que ce soit les lire, l'ensemble reste muet et ne résonne que dans ma tête. C'était fort gênant et difficile tout d'un coup de dire "Je" aussi franchement à l'oral et devant un auditoire attentif quant il m'est si facile finalement de l'employer à tort et à travers à l'écrit (parfois même trop !). Et "je" en autofiction, on ne peut pas y échapper, c'est le point de départ de tout le reste !


En définitive, ce que m'a surtout apporté cet atelier (en dehors de cette rencontre intimidante avec Chloé Delaume qui m'a assez subjuguée dans son genre), c'est la sombre révélation que je ne suis pas prête encore à me dévoiler si intimement à l'écrit sans blocages et détournements (parce que j'y ai pensé !). Si j'aime à parler ici de mes goûts culturels ou de mes pensées sur l'actualité, aller en profondeur sur ce que je ressens intimement, sur mon histoire personnelle à proprement dite, les bons comme les mauvais moments et en mon nom : non. J'espère réussir à lâcher prise un jour parce que dans le fond, c'est si frustrant d'avoir tant à exprimer, à partager mais de ne le pouvoir.

PS : J'y pense mais si vous avez un.e ami.e qui écrit, ça peut être une chouette idée de cadeau de Noël !

10 déc. 2017

PHOTO | Cruelles fleurs


CRUELLES FLEURS . what a young girl should not know

"Ce projet s’intéresse au fantasme, à l’influence du regard de l’autre, et à l’idée que toute relation humaine est une forme d’appropriation. Il se penche particulièrement sur celle de l’artiste à la muse, qui est à mon sens la parfaite et extrême illustration d’un rapport désirant/désiré. À travers une série de photographies, je raconte l’histoire d’une Femme sous le désir d’un Autre.

En prenant conscience d’être regardé par autrui, elle se découvre objet pour lui. Son regard l’atteint et la métamorphose. L’autre voit en elle ce qu’il veut voir, et elle ne vit plus qu’à travers ce voile qu’il a imaginé. La femme devient son immobile, une sculpture, une nature morte dépossédée de son être, car à rêver l’impossible, il pourrait désirer le possible."


Éléonore Tisseyre


Il y a quelques mois, j'ai accepté d'être le produit brut de "Cruelles Fleurs", enthousiasmée par le sujet du projet d’Éléonore comme par le défi que cela serait pour moi de poser topless devant elle et son acolyte. J'ai un rapport à mon corps dont vous connaissez déjà les grandes lignes : je ne le considère pas, moi, petit ectoplasme.

Mon enveloppe charnelle m'est toujours apparue sans genre et sans intérêts particuliers (surtout déshabillée, déformation professionnelle je suppose) mais surtout peu contraignante car j'ai la chance d'avoir "une plastique" qui rentre dans les cases de ce qu'il faudrait plus ou moins qu'elle soit dans notre société occidentale présente (cela changera, surtout en vieillissant). Mon corps blanc, mince et valide ne me discrimine pas, je ne débecte aucune de ses parties ni n'en préfère d'autres, je ne veux pas le changer et ne fait rien pour, il est juste là, il fait sa vie et je ne le pense pas (ce qui est l'essence même de mon privilège corporel). Je ne m'en sers pas comme un outil que ce soit de séduction ou de dénonciation, ni ne cherche spécifiquement à le cacher ou le montrer. Je n'apprécie pas qu'on le touche, l'effleure sans raison (ce qui me rappelle sa présence), ni qu'on se focalise uniquement sur lui pour m'appréhender comme être humaine : bref, comme toute personne à tendance cérébrale je le préfère absent en arrière-plan. Il ne prend sens à mes yeux que quand j'accepte de le partager en amour, quand il doit performer sur scène ou que malade, je le soigne, je l'écoute. Je vois les corps des autres pareillement au quotidien, c'est à dire sans les regarder ; comme des boites floues dans lesquelles se cachent leurs êtres et qui m'intéressent si peu (mon éducation catholique, bien qu'étant non-croyante aujourd'hui, doit y être pour beaucoup - et ma myopie !). Je trouve rarement qui que ce soit de beau au premiers abords (je fais partie de ces personnes qui ont besoin de voir l'autre bouger, parler, vivre pour apprécier sa beauté), de "bien foutu", rien ne m'attire personnellement dans les données de la peau, de la chair (en dehors des problématiques sociétales qui se cachent derrière et que beaucoup adorent faire semblant de ne pas voir). 



Et là, je ne vous parle que du corps comme entité extérieure. Quand je me focalise consciemment sur l'intérieur (ce qu'on ne fait pratiquement jamais quand tout fonctionne correctement), sur le fait que je suis faite de globules, que j'ai un cœur, un foie, des veines et que tout ceci a une mécanique bien rodée, loin d'être fantomatique comme je le souhaiterai, j'angoisse et me détache au plus vite de cette réalisation trop éclairée. Il suffit que quelqu'un aborde en détails une opération chirurgicale pour qu'en écoutant, fascinée, je frissonne d'effroi (et non de dégoût, nuance) et il n'est alors même pas question de me parler d'enfanter !


C'est bien pour cela que de poser dans le plus simple appareil devant une inconnue a éveillé ma curiosité (aussi parce que je ne l'avais jamais fait) et que je m'y suis prêtée avec une légèreté presque naïve. Un dimanche de printemps, j'ai enlevé mes vêtements, on a maquillé mes yeux, mes doigts et mes genoux de faux bleus, entouré mon corps de plastique, joué avec des plantes, j'ai bu du café, fumé des cigarettes, écouté mes playlists favorites entre chaque prises. Cela n'a duré qu'une matinée puis une fois terminé, j'ai continué ma journée en partant me balader dans le parc de Vincennes avec un ami. Ni plus, ni moins.



Là où l'expérience est devenue vraiment intéressante, c'est quand j'ai souhaité poster les photos après "l'embargo exposition" et qu'en m'attelant à cet article, tout d'un coup (et ce seulement des mois après avoir posé) je me suis aperçue (et c'est bien là le mot juste !) qu'on allait vraiment me voir NUE, figée à jamais sur internet (si vous vous demandez comment je n'ai pu réalisé cette évidence que ci-tard : cela tient surtout au fait qu'après des années de blogging mode, j'ai un rapport extrêmement détachée à mon image) ; mes collègues de travail (parfois très loin du monde artistique) ou de vagues connaissances allaient pouvoir prendre le temps de me décortiquer et même peut-être de sauvegarder à loisir ces photos. Tout d'un coup, le regard et le désir de l'Autre qu'abordent Éléonore dans son texte introductif prenaient tout leur sens dans ma réalité ; mon corps n'était plus juste un corps et il n'était maintenant déjà plus possible de l'exposer innocemment comme tel, sans conséquences. Ces milliers de regards hypothétiques et ce qu'ils allaient décider de voir de moi m'ont pesé en quelques secondes. Alors quoi ? Ne pas les poster ? N'est-ce pas ridicule finalement de les publier censurées (et drastiquement sélectionnées) alors que je soutiens et le projet (sinon je n'aurai pas poser pour) et le fait de libérer le corps féminin de sa sexualisation systématique ? Est-ce une simple question de pudeur personnelle tout à fait excusable (et encore, elle ne vient pas de nulle part cette pudeur !) ou à l'inverse une preuve parmi tant d'autres que je ne suis pas libre d'en faire ce que je veux sans craindre des retombées peut-être dramatiques (et je l'espère dans le fond que fantasmées) si certaines personnes tombent dessus telles quelles ?


Je ne sais pas.


Je suis arrivée au point de ma réflexion où c'est bien la position dans laquelle cette situation me met, le tiraillement intérieur que je ressens qui a de l'importance en dehors même des visuels dits et qu'il fallait que j'exprime (non pas sans quelques appréhensions). Tout cette simplicité ressentie le jour du shooting, à me contorsionner et ce relativement à l'aise devant ces quatre yeux (six en comptant le chat), mon contentement et celui d’Éléonore dans le processus de création, le retour douillet aux vêtements qui protègent puis par la suite ma gêne amusée à la découverte du résultat dans ma boite mail, drôlement satisfaite comme une enfant de m'observer comme je ne me suis jamais vue : tout cet ensemble positif écrasé en une seconde par le poids de ce désir non désiré créant cet interdit absurde qui nous incite hypocritement à cacher nos tétons pour rendre une photo de femme à la poitrine nue moins sexualisée et par conséquent moralement acceptable à la vue de tous sur internet. "Couvrez ce sein que je ne saurais voir !" (Le Tartuffe, Molière). Le fait même que je faute dans ce sens pour me protéger, que je n'ose pas à 100% m'affranchir de cette loi dans un espace certes public mais qui m'appartient, pour un projet artistique que j'apprécie prouve bien finalement que je n'ai pas le contrôle sur ce que l'Autre voit de mon moi féminin et illustre tout autant le sujet d’Éléonore que les photos elles-mêmes. 

Je me suis décidée moi-même comme matière artistique, objet et pourtant voilà que mon corps m'échappe encore...

23 oct. 2017

TRAVEL | Beyond Seeing


A l'occasion du projet "Beyond Seeing" lancé par le Goethe Institut en début d'année dernière et qui se questionne sur la création sans vision, j'étais invitée à Berlin il y a peu pour rencontrer l'équipe et participer à des ateliers reliés à la mode et l'art sans ce sens, la vue, qui m'est primordiale comme tout à chacun.

"Le monde de la mode est d’abord une expérience purement visuelle – les tendances se font jour dans l’espace public et sont transmises par les médias de masse, les images et photographies. 80 pour cent de toutes les perceptions humaines passent par la vue. Cet univers est refusé aux personnes aveugles ou malvoyantes. Partant de ce constat, nous nous sommes demandé comment, dans ces conditions, elles peuvent percevoir la mode. Comment se comportent-elles face au fait de ne pas voir ce qui est porté et comment les gens, quant à eux, réagissent-ils face à leurs vêtements. Comment expérimentent-ils des couleurs, des tissus et des matières ? Que perçoivent-ils qui nous échappe, peut-être depuis toujours ? En quoi le concept de beauté consiste-t-il pour eux ? Et comment appréhender la mode à travers les sens qui ne font pas appel à la vue ?"


A peine arrivés, direction l'ESMOD de Berlin où un atelier de couture pour personnes aveugles et malvoyantes est sur le point de commencer. L'école de mode est partenaire du projet depuis le début (avec l’Institut Français de la Mode (IFM) à Paris, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de Bruxelles (La Cambre) et la Swedish School of Textiles) et des élèves accompagnent la création des pièces.

Aujourd'hui au programme : on va coudre un sac. 


Reiner Delgado (ci-dessous), membre important de la Blind Association est le maître en la matière. Il dirige l'atelier en allemand et en anglais. C'est sa sœur qui lui a appris à coudre. J'observe ses mains se balader sur les machines, tatillonnantes mais confiantes, elles dirigent les miennes, voyantes et effrayées par l'aiguille si près de nos doigts (c'était la première fois que je cousais quelque chose). 


Au début j'étais forcément déstabilisée, ce serait mentir de ne pas l'avouer. J'observais les gestes, la manière de toucher de chacune et chacun, un peu gênée d'être si fascinée de voir comment ça se passe. Somme toute, je n'avais jusqu'ici jamais échangé de ma vie avec une personne aveugle et au début, la barrière de la langue (la plupart ne parlant qu'allemand) me laissait extérieure à la situation (comme une voyeuse, c'est le cas de le dire), le temps que je prenne mes marques et m'adapte aux nouvelles règles d'échanges. Par exemple, j'ai tendance à regarder droit dans les yeux quelqu'un quand je l'écoute et à vaguement osciller de la tête, là, il n'était pas question de rester silencieuse, il fallait que je m'exprime, que j'active mon corps pour communiquer.


Ah, on n'était pas peu fière avec Pauline, blogueuse déficiente visuelle de Bruxelles, de notre réalisation ! Une équipe de choc !



Le lendemain matin, on file à la Berlinische Galerie. La vieille, Reiner, autour du diner, m'expliquait le projet qu'il a mis en place avec le musée pour permettre aux personnes aveugles et malvoyantes de profiter des expositions.



Six tableaux ont été reproduits dans des petites vignettes, à plat, construites avec différentes matières, découpes et couleurs que les personnes non voyantes peuvent toucher, accompagnées d'une application dédiée sur téléphone qui leur explique ce qu'elles découvrent avec leurs mains. Pour s’imprégner de l'expérience, on nous avait distribué des masques afin de cacher notre vue, on découvrait en premier chacun des tableaux de la sorte, vacillant d'une pièce à l'autre avec Reiner comme guide avant de l'enlever et de confronter ce qu'on avait vu mentalement avec la "réalité".


Roma - Hannah Höch



The dancer Baladine Klossowski - Eugen Spiro

Si certaines pièces plus représentatives, comme cette peinture d'une danseuse, étaient faciles à comprendre (tout en conservant l'aspect non défini du corps à travers la robe originel, le seul pied apparent), d'autres plus abstraites me laissaient complètement dans le flou quant à leur contenu. Sur celle qui suit, j'avais compris les arbres mais le reste était un capharnaüm complet. Ce qui respecte assez bien le sujet même du tableau : les bruits dans la rue.


On a tous et toutes partager un moment d'art unique et je suis si reconnaissante envers Reiner pour ses explications douces et précises tout au long de la visite ♥




L'après-midi était dédié au shopping : en route pour Pick & Weight, une très grande friperie où on paye au poids ce qu'on choisit (un peu comme Kiloshop).




Pauline m'explique que comme ses yeux ne voient pas les couleurs, elle se concentre sur les motifs, la coupe, la matière et surtout qu'elle préfère accessoiriser ses tenues avec des bijoux qu'elle collectionne. 


Mais voilà qu'il est déjà temps de repartir, en courant dans l'aéroport pour attraper notre avion à la dernière minute ! Le souffle coupé (va falloir arrêter de fumer), en trinquant à la bière dans les airs, je repense à tout ce que j'ai ressenti en 48h, aux rencontres que j'ai faites, à ce que j'ai appris et c'est le cœur serré que je reviens à Paris. Merci à Katharina et Timo de m'avoir permis d'en être, ce sont des souvenirs que je n'oublierai jamais et qui m'ont déjà un peu changé.

Pressée de retrouver tout le monde en janvier pour l'exposition finale du projet qui aura lieu à Paris et qui sera sans doute exceptionnelle ! Je vous en reparlerai d'ici là !