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CUILLÈRE À ABSINTHE

CULTURE | Les comédies musicales, Peau d'âne, La Goulue, Pauline Cariou, Out of place...


La culture à Paris a un goût de fantaisie qui m'enchante plus que tout ces jours-ci puisque la capitale met à l'honneur la comédie musicale. Que ce soit via l'exposition de la Philharmonie dédiée au genre presque méconnu en France, les diffusions de ses films les plus mythiques sur grand écran à la Cinémathèque ou encore l'arrivée sur scène de Peau d'âne, cet hiver, on combat le froid avec des paillettes et ce n'est certainement pas pour me déplaire !


"Comédies musicales" 
à la Philharmonie de Paris
jusqu'au 27 janvier 2019

Bien sûr, je ne pouvais pas sainement manquer cette exposition ! Pour une grande fanatique de "musicals" comme j'ai tendance à l'être, j'ai forcément peu appris en déambulant dans la salle où accompagné de son casque, on se branche à de multiples extraits de films projetés sur de petits et grands écrans. Ici, on se concentre uniquement sur la comédie musicale au cinéma, exit les classiques de Broadway ce qui réduit de beaucoup le sujet. Je suis tout de même repartie avec une liste de films à voir, surtout étrangers, découverts grâce à une carte des comédies musicales dans le monde à ne pas louper ! Il y a aussi la possibilité de prendre un rapide cours de claquettes interactif (m'y étant mise depuis peu ailleurs, c'était rigolo de réviser les bases). Mis à part ça et si je peux me permettre une légère critique, j'ai trouvé l'ensemble assez court et peu immersif, j'aurai aimé plus de costumes, plus de backstage !


A l'entrée, des tenues sont à notre disposition pour se déguiser. Ne sont-ils pas magnifiques ces deux là ? Mary et Bert comme compagnons de visite, il n'y a pas mieux. 


Mes préférées ♥


J'en ai aussi profité pour aller voir en ciné-concert Mary Poppins, toujours à la Philharmonie, avec mes camarades de FUTURES. C'était magique et de revoir cet incontournable dans une salle aussi merveilleuse comme d'observer les musiciens s'inséraient en direct dans ce monde "supercalifragilisticexpialidocious" de mon enfance.


Et hop, un petit souvenir !


"Peau d'âne" d'après un film de Jacques Demy 
mis en scène par Emilio Sagi
au Théâtre Marigny
en soirée à 20h
le samedi à 15h et le dimanche à 16h
jusqu'au 17 février 2019

« Prenez de la … /… prenez de la farine
versez dans la … /… versez dans la terrine… »

La confection du cake d’amour par Catherine Deneuve dans le film réalisé par Jacques Demy est une scène délicieuse. Dans le gâteau destiné au prince, Peau d’âne glisse sa bague, indice qui la libérera de sa triste peau.  Car les princesses, qu’elles s’appellent Peau d’âne, La Belle au bois dormant ou Cendrillon finissent toujours dans les bras d’un prince. Obéissantes et sages, elles surmontent (sans broncher) la méchanceté, l’humiliation et la dureté de la vie des pauvres, avant que - grâce notamment aux coups de pouce de marraines bienveillantes - ne s’ouvre le chemin de roses de leur destinée. Peau d’âne fut le plus grand succès public de la carrière de Jacques Demy. Sorti en décembre 1970, le film séduisit le public par le raffinement de la mise en scène, la féérie des décors et des costumes, l’époustouflant casting (Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Delphine Seyrig, Micheline Presle) et les mélodies de Michel Legrand.

Si vous voulez de la paillette, c'est le spectacle à ne pas manquer ! Peau d'âne, d'après le film de Jacques Demy, sur la scène rénovée du théâtre Marigny ; j'y suis d'abord allée car j'offrais la place à une amie pour son anniversaire, n'étant pas moi-même une fan inconditionnelle de ce film en particulier (qu'est-ce que j'aurai aimé qu'il fasse les Demoiselles de Rochefort à la place !), je ne m'attendais à rien de précis. C'était kitsch, assumé, l'histoire toute aussi bizarre que de base mais ah les costumes, cette robe dorée ! Mes yeux brillaient ! Pourquoi nous autres, humains, sommes-nous si émerveillés par le scintillements multiples qui se dégagent de la réflexion de la lumière ? La mise en scène était joliment gérée, la qualité du chant si parfaite qu'on en oubliait presque que c'était bien chanté live et alors ma préféré fut la fée, jouée par l'anglaise Emma Kate Nelson que j'avais déjà vu sur scène dans "Singin' in the rain", elle m'a entraîné dans l'histoire plus qu'aucun autre personnage, son jeu était excellent. J'ai aimé aussi tous les clins d’œil anachroniques, les rollers, la trottinette et bien d'autres que je ne veux pas vous spoiler. C'est un conte de fée tordu, qui se déroule devant nos yeux en chair et en os et c'est jouissif !


"Out of place" joué par Guérassim Dichliev
mis en scène par Edouard Dedessus Lemoutier
au Studio Hébertot
(terminé)

"Prenez un homme, sortez-le de son contexte quotidien, rajoutez-lui quelques situations diverses et variées et il se trouvera toujours assis à la "mauvaise place" malgré lui. Une comédie sans paroles qui en dit long, Out of Place parle de cet homme ordinaire qui, ayant ouvert la porte de l'imagination et de la poésie, se lance dans une aventure rocambolesque. Cet homme - mi-mime, mi-clown - navigue entre le rire et les larmes alors qu'il joue dans un monde de contradictions. A son instar, nous sommes confrontés à une multitude de défis, tout en cherchant notre place dans la vie. Son parcours est le miroir de nos tribulations. Ouvrez une porte et cela pourrait changer votre destin."

Je suis désolée de parler si tard de ce petit bijou qui m'a tant émue et qui ne se produit plus depuis. Pourtant, quand j'y suis allée, j'avais beaucoup d'a priori et de réticence concernant le fait que c'était un spectacle de mime. J'avais peur de trouver cela un peu cheap. Loin de là ! Je me suis retrouvée amusée comme une enfant, mon imagination carburant comme jamais pour voir ce qui n'était pas là, comprendre ce qui se passait réellement et j'étais si enthousiaste à l'idée que chacune des personnes dans la salle devait voir la situation mimée sur scène différemment de celle que je recomposais dans ma tête, qu'on créait chacun notre propre spectacle avec une base commune. J'ai ri face aux séquences absurdes dans lesquels le personnage se débattait, fermant la porte à une vache, berçant un enfant trouvé par hasard, draguant une dame que j'imagine d'un certain âge et ce que je vous dis là, ce n'est peut-être même pas ce qui s'est vraiment passé dans le fond, qui sait ?


Les applaudissements arrivés, l'acteur reprend la parole, sortant de ce long silence parlant, pour nous inviter sur scène et prendre une photo de groupe ensemble. Je me souviens avoir été particulièrement surprise par sa voix, comme si elle sortait de nulle part, qu'elle n'était pas vraiment sienne après cette heure de gestes pour communiquer ! C'était si touchant !
 

"Louise Weber dit La Goulue" de Delphine Gustau
mis en scène par Delphine Gransart et Delphine Gustau
au Théâtre Essaïon
les vendredis et samedis à 21h30
jusqu'au 19 janvier 2019
(prolongations du 1er février au 30 mars et du 15 avril au 25 juin)

"Dans ce spectacle qui mêle humour, musique, sensualité et émotion, Delphine Grandsart (Cabaret, Mozart l’opéra rock) donne vie à Louise Weber dite La GOULUE. Accompagnée par Matthieu Michard à l’accordéon, elle embarque les spectateurs dans ce destin hors norme et empreint de liberté."

Combien de fois ai-je croisé cette affiche dans les rues de Paris ? Je ne serai dire ! Alors quand j'ai appris la reprise jusqu'à mi-janvier, ni une, ni deux, j'y suis allée. Après tout, je tire ce vieux pseudo de blog "Cuillère à absinthe" de Toulouse de Lautrec, de Montmartre, du Moulin Rouge et de tout cet univers qui m'a fasciné adolescente. La Goulue faisait partie de ce décor glorieux à jamais éteint. Je connaissais vaguement son histoire, l'ayant surtout aperçue dans des peintures sans rien en savoir en détails. Ici, Delphine Grandsart, nommée meilleure interprète féminine par les Trophées de la Comédie Musicale, illustre son histoire à l'envers, commençant par la fin pour revenir à l'origine du parcours de cette danseuse star de cabaret. Ce que j'ai trouvé exceptionnel, c'est comme elle ajuste son jeu dans les détails comme sa voix qui se module au fil du rajeunissement de Louise, même dans sa façon de chanter, de bouger, c'était si précis. Effrontée, jouant avec le public, effrayant même parfois les hommes à qui elle s'adresse, elle est si bien réincarnée qu'on dirait que la Goulue possède Delphine. L'émotion à la fin était presque intenable, j'avais les larmes aux yeux. Une démonstration de jeu d'actrice qui en dehors du sujet était vraiment bien maîtrisé !


"Pauline Cariou, chronique d'une vie décalée" de Blandine Bonelli
mis en scène par Blandine Bonelli
au Théâtre Funambule Montmartre
le samedi à 17h30 et le dimanche à 19h
jusqu'au 30 décembre 2018

"Et si la place attribuée enfant à la table familiale déterminait notre place actuelle dans la société ?
Adulescente des années 2000, Pauline se sent à l'étroit dans sa famille, son couple et son travail. Entourée de personnages hauts en couleur qui semblent aussi perdus qu'elle, Pauline nous embarque dans sa quête d'identité naviguant du huis-clos d'une famille conservatrice à une société en perte de repères qui permet tous les choix de vie possibles. C'est la question de la place. Celle qu'on occupe, celle qu'on nous attribue, celle qu'on décide de prendre un jour."

Invitée par Lisa Otjacques (elle-même sur scène dans le rôle de la sœur), je suis allée voir cette pièce avec l'idée que j'allais sûrement passer un bon moment. Et ce fut le cas, ce que j'ai ri, sincèrement ri. Je me répète inlassablement mais l'absurde et moi, c'est une histoire d'amour qui ne s'arrête pas. Alors si en plus celui-ci s'illustre dans le personnage d'une jeune femme qui ne sait pas trop ce qu'elle fait, qui se laisse marcher dessus par tout le monde, venant d'une famille allumée dont le père reprend mot pour mot des discours que mon propre paternel m'a dit à multiples reprises, vraiment, je ne peux pas me sentir plus en connection avec le fond de cette chronique. Il y a un peu de nous toutes dans Pauline Cariou et dans ses efforts pour reprendre le contrôle de sa vie. Et le texte ! Ah ce qu'il était absurde ! Les conversations sur la fidélité aux supermarchés, la mère qui vit dans son frigo, l'expédition dans la tête de Pauline pour observer ce qu'elle y range, le tout nourri par une mise en scène dynamique et inventive. Si un dimanche vous vous baladez dans les hauteurs de Montmartre et que vous voulez finir la journée en beauté, faites un tour au Funambule, vous ne le regretterez pas !

CULTURE | Toxique, Oscar et la dame rose, La sonate à Kreutzer, Le roi Arthur...


On fait un petit, tout petit tour de ce que j'ai vu au théâtre en septembre ? C'est parti !


"Toxique" de Françoise Sagan 
mis en scène par Christine Cuilerier
au Studio Hébertot
le lundi à 19h
et le dimanche à 19h30
jusqu'au 15 octobre 2018

"En avril 1957, Françoise Sagan est victime d’un grave accident de voiture. On lui donna par la suite un succédané de la morphine l'intoxiquant assez pour qu'elle est besoin d'un séjour dans une clinique spécialisée. La comédienne, accompagnée d'un musicien, incarne la jeune Françoise Sagan à travers une adaptation de son journal, Toxique, rédigé lors de sa cure de désintoxication."

Je n'ai personnellement pas lu son journal en amont, découvrant le texte sur scène. Il y a des phrases mythiques qui se sont incrustées en moi assez facilement ("Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre du temps, perdre son temps, vivre à contre-temps.") et le jeu, voguant sur tous les tons de Christine Cuilerier charme dans son humour et parait assez naturel pour imaginer Sagan sous ses traits. Seule sur scène, vaguant du lit à la chaise, enfermée dans sa chambre, on souhaite autant qu'elle la délivrance et c'est avec soulagement qu'on la voit attraper ses chaussures et sortir de scène, enfin, pour reprendre vie dans la réalité.


"Oscar et la dame rose" de Eric-Emmanuel Schmitt
mis en scène par Lucie Muratet
au Comédie Bastille
le jeudi à 21h, vendredi à 19h
et le samedi et le dimanche à 17h
jusqu'au 6 janvier 2019

"Oscar, petit garçon séjournant à l'hôpital, rencontre Mamie-Rose, qui va lui apporter son humour et sa fantaisie. Ils vont passer douze jours ensemble, inoubliables, pleins de personnages drôles et émouvants. Un lien très fort va se nouer entre eux."

Une autre chambre, un autre lit, une autre chaise. Ici, Oscar, dix ans, joué par Pierre Matras attend la mort entre quatre murs. Malade, rongé par une leucémie qui résiste à tout traitements, il passera ces derniers jours à imaginer chaque journée comme durant dix ans, vivant une vie accélérée assez commune pour combattre innocemment le point final précoce à la sienne. Il parle à Dieu, à nous, son public invisible et silencieux et les moments de tension, de colère face à cette injustice rattrapés par un humour enfantin nous garde en haleine. "Bisous, Oscar." Va-t-il se réveiller cette fois-ci ? 


La fin était un peu trop larmoyante à mon goût, bien qu'inévitable, j'aurai préféré que ce soit traité autrement que via cette longue tirade existentielle mais qui a certes atteint sa cible, tirant des larmes de crocodile dans la salle entière (j'ai observé avec tendresse mes voisins s'essuyaient les yeux, très chagrinés). En dehors de ça, je dois le reconnaître, on y croit, on oublie qu' Oscar est un homme et que Mamie-Rose n'existe pas sur scène (quel dommage, c'est un sacré personnage, bien qu'illustrée que via les imitations de l'enfant). L'émotion passe, préparez les mouchoirs !


"La sonate à Kreutzer" de Tolstoï 
mis en scène par Goran Susljik
avec Jean-Marc Barr
au Studio Hébertot
du mercredi au samedi à 19h, mardi à 21h
et le dimanche à 17h
jusqu'au 7 octobre 2018

"Le personnage de Pozdnychev, rendu fou de jalousie par la complicité de sa femme avec son professeur de musique, confesse l’avoir assassinée. Il développe, pour justifier son acte, une analyse féroce sur le mariage et les relations de pouvoir au sein du couple qui fera scandale à la parution de la nouvelle."

Grosse déception pour cette pièce et pourtant, il y avait de quoi me plaire ! Tolstoï, Beethoven, de la musique jouée live, j'espérais quelque chose de certes sûrement classique dans la forme mais grandiose ! Pourtant, tout a sonné faux (sauf la sonate et le talent des deux musiciennes au piano et au violon), Jean-Marc Barr m'a paru gauche, absent, la tonalité de ses répliques si répétitives que les éclats de colère paraissaient sortis de nulle part, je n'y crois pas, expulsée brutalement de l'histoire par les multiples bégaiements et rattrapages de l'acteur. Vraiment, sans les moments musicaux, c'était à mon sens une catastrophe ce soir-là, j'étais gênée la plupart du temps et le côté antipathique du personnage d'époque (sexiste, raciste) me tape sur le système et m'énerve plus que de mesure. A moins que je sois tombée sur un mauvais jour, outre les envolées musicales, ce n'était franchement pas terrible et c'est bien dommage.


"Le roi Arthur" de Jean-Philippe Beche 
mis en scène par lui-même
au Théâtre de l’Épée de Bois
le jeudi et vendredi à 20h30, le samedi à 16h et 20h30
et le dimanche à 20h30
jusqu'au 14 octobre 2018

Après une longue journée de travail, je me suis motivée pour partir à l'aventure du côté de Vincennes, direction la Cartoucherie. Quelle belle découverte ! Je ne connaissais pas du tout le lieu et ses multiples théâtres. A la tombée de la nuit, les lampions allumés dans les arbres, les allées de roulottes et l'esprit boisé très Molière du théâtre de l’Épée de Bois et de sa salle glaciale aux murs de pierres m'ont enchanté et tout de suite plongé dans l'ambiance qui convenait pour le spectacle au programme.


"Le Roi Arthur doute : est-il bien l'élu qui saura sauver cette Bretagne déchirée et assiégée ? Camelot, Avalon, Merlin, Excalibur… Ces figures incontournables du folklore celtique ont nourri l'imaginaire de nombreux auteurs au fil des siècles et continuent à faire rêver des générations entières. Amour, haine et passion à la cour du Roi Arthur… Une pièce épique, lyrique, tragique : on ne lutte pas contre la force du destin." 

Certes, je sais déjà l'histoire du roi Arthur et de Camelot en général par cœur (avec une petite sœur qui s'appelle Célyande, ça aurait été dur d'y échapper), j'ai vu des dizaines de films sur le sujet petite mais au théâtre, tiens ? Pourquoi pas ! C'était légèrement surjoué dans certaines scènes, les costumes plus ou moins bien trouvés pour représenter l'époque, (je n'ai pas du tout compris la robe bleue avec sequins de Morgane du début - très bonne dans son rôle par ailleurs - qui détonne complètement de l'ensemble général) mais Merlin m'a réjoui, avec ses kilts écossais et sa manière de nous conter l'histoire, loin de l'image du vieux vieillard à la barbe blanche. On passe les années jusqu'à la mort du roi adoré, abordant l'ensemble de son histoire. La musique qui accompagne était jouée live, touche que j'ai trouvé particulièrement efficace pour se plonger encore plus dans l'univers et comme je ne suis jamais contre quelques combats à l'épée, on peut dire que j'ai savamment dégusté cette pièce pour ce qu'elle était. Un peu kitsch, soit, c'est un genre, il faut aimer mais on sent que les acteurs s'amusent à se transposer dans ce monde magique mythique et ils m'ont personnellement emporté avec, comme si j'étais encore une enfant au petit cœur de dragon.

VIDEO | Mes chansons de dessins animé préférées



Un sujet léger mais qui nous touche tou.te.s (quoi que ; je connais certaines personnes qui n'ont jamais vu un seul Disney de leur vie, ça existe) avec ce top des chansons "fondatrices" de la petite Typhaine que je fus un jour très lointain !

Je compte sur vous pour me partager les vôtres et la raison qui se cache derrière chacune ! 


Bisous Buffy Mars

TRAVEL | A la découverte d'Edimbourg II



Bloquée dans la chaleur étouffante de Paris, je me replonge dans mes souvenirs écossais et m'attelle enfin à ce second tome concernant mon week-end pensif à Edimbourg.

Ce deuxième et dernier jour avait un goût d'introspection. J'avais programmé peu de choses mis à part grimper jusqu'à Canon Hill le matin puis passer le reste de mon après-midi au musée avant de repartir à l'aéroport à 16h. Pourtant, ma fuite dans les hauteurs de la ville fut plus court que prévu et je me retrouvais alors avec un gap certain de temps entre les mains. Je décidai donc d'accepter ce petit défi personnel d'atteindre au moins la plus petite colline d'Arthur's Seat que j'apercevais au loin, du haut de mon monticule, jusqu'ici évincer de mon planning de peur de manquer de temps et mon avion par la même occasion. Comment y aller ? Aucune idée ! J'ai descendu la colline et traversé des routes, au hasard de ce que j'apercevais au loin, comme guidée par l'instinct.



CALTON HILL


Selfie avec le Monument national d'Ecosse : « A Memorial of the Past and Incentive to the Future Heroism of the Men of Scotland »



Avant de commencer ma descente, je visualisais déjà mon objectif au loin, assez excitée par la distance que j'avais à accomplir.


Et hop, en moins de 40 minutes, je m'étais télé-transportée à pieds, m'arrêtant quelques minutes au palais Holyrood sur le chemin.



ARTHUR'S SEAT

Je ne sais pas exactement le temps que cela m'a pris d'atteindre ce premier sommet, pas autant que je l'aurai calculé vu la vitesse à laquelle je grimpais cette pente rude, faisant fi de mon corps transpirant, portée par une énergie absurde. Je suis vite arrivé en haut, m'installant dans un creux au bord du précipice, les yeux surplombant toute la ville et observant les nuages qui défilaient au dessus, plongeant certains quartiers dans l'ombre par instant. Magnifique ! Il ne faisait ni chaud, ni froid, l'air était pur. Il ne me manquait qu'un livre. Le fait même que ce paradis soit au pied du centre ville est un miracle. Qui n'aurait pas envie de passer TOUS ces week-ends ici franchement ? 


Retour chez les mortels


Si j'avais mangé un peu sur le pouce jusqu'ici, j'avais envie que mon dernier festin soit plus gustatif et de découvrir une jolie adresse que je pourrais (si j'avais de la chance) conseiller à l'avenir. J'ai marché sans trop savoir où aller guidée par les devantures colorées des rues.


Mon choix se porta sur Fig Tree Bistro, à l'extérieur vert pomme et à l'intérieur inspiré du cirque. J'y ai mangé une salade de patates douces excellente et bu une très bonne bière, la Midnight Sun, conseillé par le serveur et qui m'a rendue un peu pompette, toute seule à ma table, en quelques gorgées !


THE SCOTTISH NATIONAL GALLERY

Après cette petite randonnée, il était temps de parcourir d'autres kilomètres : ceux des siècles et de l'art. Direction la Scottish National Gallery. Situé à côté d'un arrêt de tram, je savais que je pouvais y rester aussi longtemps que je le souhaitais jusqu'à l'heure de mon départ. Je me suis assise sur un banc, à y regarder et les peintures et les autres touristes. Les pièces colorées qui les contenaient ajoutaient une touche particulière à chaque oeuvre et à l'ambiance générale.




"Flowers in a white stone vase" de Dirck de Bray




Je n'ai pas pris la référence de celui ci, sachant que ce qui a d'abord provoqué la prise de cette photo concernait surtout ce visiteur rivé à son téléphone, même devant un tableau de cette envergure.




"St Agatha" de Giovanni Busi




La fabuleuse "Lady Agnew of Lochnaw" de John Singer Sargent



Beaucoup d'oeuvres m'ont inspirée que je ne posterai pas ici parce que je trouve toujours les photos de tableaux peu représentatives mais celui de gauche, "Venus and Cupid" de Lucas Cranach fait parti de mes préférés. A droite, "A Scots girl" de William Brodie.


A la revoyure Edimbourg ♥

TRAVEL | A la découverte d'Edimbourg I


Plus le temps passe, plus j'ai envie de quitter Paris. Non pas parce que je n'aime plus cette ville, au contraire, ce fut la première que j'ai considérée comme "chez moi" après plusieurs déménagements dans ma jeunesse mais bien parce que mes objectifs professionnels ont changé et que ma présence dans la capitale française m'apparaît de moins en moins nécessaire. Au fil du temps, je me disais "Et si je partais à Londres ?", "Et si je partais à Séoul ?", "Et si je partais à Tokyo ?" De multiples directions me tentaient, j'avais à la fois envie de chacune sans qu'aucune ne soit pour autant sérieusement envisagée. 

Puis Edimbourg est arrivé bizarrement dans ma vie il y a quelques mois. D'abord via le compte d'une instagrameuse, ensuite par des reportages sur J.K Rowling regardés avec un chocolat chaud en plein hiver, puis l'Ecosse en général via la série Outlander, des podcasts d'expatriés sur place, le blog French Kilt, et toujours ce nom qui revient en boucle à mes oreilles, doucement mais sûrement. Plus le temps passait, plus je me renseignais, plus mes pensées convergeaient vers un Eureka ! Je voyais la ville, les montagnes, la nature, la mer, les îles, les plaines et tout correspondait à mon envie de "retraite" loin de tout, c'était devenu une obsession. J'aimais dire à qui voulait l'entendre "De toute façon, un jour je vais me barrer avec mon chat en Ecosse !" et ce même sans y avoir jamais mis les pieds, comme une évidence. Tout cela n'était que fantasmé.  Jusqu'à ce court week-end la semaine dernière dans une réalité "scottish" qui a comblée toutes mes attentes ! 

Je vous emmène ?


Déjà, il a fait un temps exceptionnel (j'avais pris un parapluie mais pas de lunettes de soleil, c'est pour dire, je m'étais préparée à tout sauf ça !). A peine arrivée en pleine matinée, les rayons dorés éblouissent le château que j’aperçois pour la première fois surplombant la ville sur son rocher volcanique, illuminant mes yeux de grande enfant alors assise dans le tram en direction de mon hôtel à York Place, je trépigne  d'envie de briser la vitre et de sauter à l'extérieur tant mon impatience était grande ! Je bazarde mon sac à dos dans le lobby de l'hôtel Indigo et ni une, ni deux cours à moitié pour rejoindre Old Town emplissant mes poumons de cet air chargé d'iode qui m'a surprise à la sortie de l'avion ! Là commence ma longue escapade à pieds dans Edimbourg à un rythme effréné d'amoureuse. 

En à peine un jour et demi sur place, j'ai parcouru et checké tous les spots de ma liste personnelle (même plus !). Bien sûr, le fait de voyager seule limite les pertes de temps, surtout que je suis du genre à manger sur le pouce et à marcher à une allure rapide sans m'en rendre compte ou même me fatiguer. Pourtant, je n'ai pas fait la touriste goulue, m'autorisant des pauses lecture au bord d'un ruisseau, quelques courtes sieste dans des parcs ou de longs moments pensifs sur la colline qui n'ont en rien entravés ce court "date" que je m'étais programmé en secret avec la ville.


CHÂTEAU D'EDIMBOURG

En premier, le château ! J'adore les châteaux, depuis toujours, ayant grandi un temps en Eure-et-Loir, région qui en comporte quelques uns et qui ont tous fait l'objet des sorties scolaires que j'ai pu faire en primaire sans parler d'un père qui était obsédé par Versailles...  Je grimpe instinctivement vers lui, sans Google Maps (que je n'utiliserai pas du week-end remplacé par une carte du centre imprimée en amont), les montées rudes pour l'atteindre ne m'épuisent pas tant mon énergie est folle. Comme il est tôt, si touristes il y a en nombre de part le fait que c'est le point à ne pas louper pour chaque voyageur, ça reste praticable et je reste longtemps sur place à observer le vue. Plus tard, alors que je reprenais ma balade et le regardais au loin, j'ai levé les yeux par hasard lorsque le coup de canon a eu lieu, à 13h pile, comme chaque jour !


Je ne prendrai pas de ticket pour le visiter car j'ai surtout envie de dévorer la ville et que j'aurai tout le temps de faire ça quand j'habiterai là (j'y suis déjà dans ma tête !). Je redescends la Royal Mile au pif, remplies de boutiques de cachemire, d'écharpes tartan et divertissements touristiques, sans but précis, checkant chaque petite rue cachée et plus calme sur les côtés, dévoilant des cours mystérieuses avant de tomber sur :


VICTORIA STREET

Cette rue colorée qui a inspirée Dragon Alley dans Harry Potter comportait son taux de boutique dédiées à la série des livres de J.K Rowling, rendant la balade magique, presque irréelle, comme à Disneyland. En soi, il est assez drôle de penser qu'Edimbourg était déjà comme ça avant qu'Harry, Ron et Hermione débarquent dans nos vies et que ce qui nous rappelle Poudlard (dont les nombreuses universités et écoles majestueuses que j'ai croisées) avait une vie propre avant de se voir attribuer cet univers. Il n'empêche que pour tout enfant qui a rêvé un jour de recevoir sa lettre d'admission à l'école des sorciers ou plus particulièrement me concernant être la fille cachée de Voldemort (chacun ses fantasmes), c'est un vrai bonheur de faire face à cette architecture qui n'est pour le coup certainement pas en carton pâte.


GREYFRIARS KIRKYARD

Vers 12h, le soleil a fui, pile quand je trouvais enfin l'entrée du cimetière Greyfriars, me plongeant dans une ambiance gloomy à souhait. Celui-ci est connu pour les multiples célébrités écossaises qui y reposent mais aussi via l'histoire de Bobby Greyfriars, un skye terrier qui est venu se coucher pendant 14 ans sur la tombe de son maître mort et qui comme symbole de fidélité par excellence illustre autant les babioles des boutiques de souvenirs du pays que Nessie (plus d'infos). Mais aussi et encore une fois de part son lien avec le monde d'Harry Potter puisqu'on y retrouve la tombe de Tom Riddle. RIP Voldemort ! Quelques groupes de visites guidées s'y baladaient, je m'y mêle et attrape des informations au vol dont le fait que c'est le cimetière le plus hanté d'Edimbourg et que des parcours y sont même programmés rien qu'à ce sujet. SPOOKY !


Un petit stop au Hula Juice Bar pour un wrap végétarien à l'avocat et un smoothie peanut butter + banane ♥


DEAN VILLAGE

Mon moment chéri de la journée et ce pour plein de raisons ! Premièrement, me rendre à Dean Village à pieds de mon hôtel (où je suis passée prendre une courte douche après avoir déjeuné, histoire de restée éveillée vu que j'étais debout depuis 4h du matin mine de rien) m'a permis de marcher en dehors des sentiers battus du centre pendant une vingtaine de minutes puis le soleil est revenu, glorieux, quand je suis arrivée sur place (après m'être perdue ici et là, découvrant des résidences magnifiques), éclairant avec la plus belle lumière d'après-midi qui soit cette vue fameuse du petit pont qui surplombe les eaux de Water of Leith et qui me faisait tant rêver sur les photos instagram croisées ; j'en avais les larmes aux yeux tellement c'était beau, apaisant. Un peu comme un Montmartre écossais avec ces petites maisons hors du temps loin de toute circulation trop massive. Un espace précieux rempli du son clapotant de l'eau, des rayons qui chauffent les pierres âgées de Well Court, des cerisiers en fleurs qui colorent le décor, de cet air chaud et bon, si incongru que chaque écossais avec qui j'ai échangé deux mots m'a affirmé être inespéré. Je me sentais tellement chanceuse d'être là à ce moment T d'où cette expression béate et contente que j'ai sur la photo qui suit plus loin, prise spontanément par une touriste japonaise qui a eu pitié de moi alors que je me tentais difficilement un selfie. C'était magique !


Ma future maison ! Je me vois tellement habiter dans ce type de quartier et d’architecture, comme un petit cube et conduire exactement la même voiture tiens (même si je n'ai pas le permis !).


SCOTTISH NATIONAL GALLERY OF MODERN ART

La galerie ne faisait pas du tout partie de mon programme, je suis tombée dessus au hasard des rues en abandonnant difficilement Dean Village. C'est la raison pour laquelle je prends rarement les transports en voyage ; déambuler à pieds est toujours plein de surprises que je serais triste de louper. J'ai été complètement soufflée par le jardin tout en zigzag d'un de ces bâtiments (la galerie est divisée en deux endroits qui se font face) qui n'est autre qu'une oeuvre d'art de Charles Jencks appelée "Landform" que les visiteurs étaient amenés à "piétiner". Je m'y suis installée, me prélassant et m'endormant comme un bébé au bord de l'eau. C'était peu de temps avant la fermeture de la galerie (qui ferme tôt, à 17h) que je n'ai donc pas eu le temps de visiter, tant pis. D'ailleurs, le site est impressionnant, on y retrouve toutes les références des œuvres exposées ! 

Attrapant de quoi manger sur le chemin retour, assise à lire sur l'herbe des Princes Street Gardens, je suis rentrée tôt dans la soirée à l'hôtel pour sombrer dans le sommeil devant un documentaire sur le retour des loups aux Etats-Unis, prête à me lever aux aurores pour grimper les hauteurs de la ville dès le lendemain matin.


La suite au prochain épisode !