25 avr. 2018

CULTURE | L'affaire Courteline, Le Monte-plats, Trudi 1933...


Aujourd'hui au programme (comme j'adore dire sur Instagram), pas une, ni deux mais quatre pièces de théâtre et une grande et petite expositions à découvrir dès que possible !

On se lance ?


"L'affaire Courteline" de Georges Courteline 
mis en scène par Bertrand Mounier
au Lucernaire
du mardi au samedi à 19h
et le dimanche à 16h
jusqu'au 6 mai 2018

"Dans L’Affaire Courteline on ne s’attache pas au seul déroulement d’une histoire, mais on privilégie une exploration de l’oeuvre de Courteline. On s’attardera ici sur trois grands thèmes chers à l’auteur : le ménage, les employés pour terminer en apothéose avec le judiciaire. Ces personnages bourrés de défauts et de vices sont-ils réellement antipathiques et que reste t’il aujourd’hui de ces pleutres et de cet univers piquant que dépeint Courteline ? En bref, tout se passe dans un théâtre, on y est, on le voit et on l’assume." 

Mon coup de cœur du mois ! Courteline, c'est l'humour au théâtre comme je l'aime, ça parait grotesque aux premiers abords dans les thèmes abordés et les personnages caricaturaux d'un autre temps mais petit à petit se tisse un humour d'une finesse ironique, absurde, presque noir sous ses attraits burlesques qui me plait toujours énormément ! En plus, j'étais très heureuse de retrouver sur scène la bande de la compagnie "La Boite aux Lettres". Je les avais adorés dans "Le jeu de l'amour et du hasard" au théâtre Michel l'année dernière. Malheureusement, c'était en plein été et je n'avais pas tant eu l'occasion de vous en parler plus en détails ici. 

Le spectacle se construit autour de sept courtes pièces de Courteline, les acteurs ne quittent jamais la scène, changeant de peau devant nous dans des murmures de conversations puis deviennent spectateurs, sagement assis sur les côtés en attendant leur tour. Mes préférées : "Monsieur Badin" où un employé tente d'expliquer son absentéisme à son patron et retourne la situation, joué et chanté (parce qu'il y a quelques chansons dedans dont la fameuse "Les nuits d'une demoiselle") par Etienne Launay (je m'amuse à rouspéter "mes mollets sont minces comme des bougies" depuis) face à Philippe Perrussel , "La peur des coups" : un mari jure de se venger du crush de sa femme sans rien en faire, intensément interprétés par Salomé Villiers et Pierre Hélie puis "Gros chagrins", une femme découvre que son mari la trompe et vient se confier à son amie, toutes deux se laissant porter hystériquement dans la liste de leurs petits désespoirs, duo rigolo entre Salomé Villiers à nouveau et Isabelle de Botton. A ne pas louper !


"Le Monte-plats" de Harold Pinter 
mis en scène par Etienne Launay
au Lucernaire
du mardi au samedi à 18h30
et le dimanche à 15h
jusqu'au 20 mai 2018


"Dans un sous-sol, deux tueurs à gage, Gus et Ben, attendent leur prochain "contrat". Ben lit le journal et Gus cherche à faire du thé. Le temps passe, provoquant ennui, impatience et pour finir tensions entre les deux compères. Soudain une enveloppe glisse sous la porte, un monte-plats se met en branle. C'est le début d'une série d'événements étranges et angoissants. Sont-ils observés ? Par qui ? Pourquoi ? Qui donne les ordres ? Avec cynisme et humour noir, Pinter dépeint dans Le Monte-Plats, une société asservie qui obéit aux ordres, aussi absurdes soient-ils. Et si cette société décrite n'était pas aussi un peu la notre..."

Toujours au Lucernaire, toujours avec la touche magique de "La Boite aux Lettres" puisque mis en scène par Etienne Launay (encore lui !) avec cette pièce de Pinter : le "Monte-plats". C'est loin d'être mon texte favori de l'auteur mais ça valait le coup pour une raison toute bête : la mise en scène. Est-ce qu'on pourrait la qualifier en miroir ? Ben et Gus ont chacun un double sur la scène coupée en deux, quand l'un disparaît derrière le rideau à droite, il réapparaît dans l'autre dimension à gauche joué par quelqu'un d'autre. C'était si bien chronométré que je ne pouvais m'empêcher de penser au travail que cela avait dû demandé. Le seul point négatif, c'est qu'on a forcément tendance à les comparer et préférer un Gus et un Ben à l'autre, par exemple j'étais bien plus touchée par l'interprétation de Bob Levasseur et Mathias Minne que j'en étais parfois frustrée de les voir sortir de scène pour passer à l'autre duo joué par Benjamin Kühn et Simon Larvaron. D'ailleurs, Etienne Launay en Gus aurait été parfait ! Il n'empêche que cette tactique donne du rythme à leur déambulations, cela appuie encore plus le fait qu'il tourne en rond, sans échappatoire. Vu qu'ils attendent, on attend avec eux et ça peut par conséquent paraître long. Ici, c'est justement moins le cas car notre attention reste tendue par les allers-retours des acteurs. Leurs discussions sont absurdes, restent en suspens sans justification, chaque événement est aussi incompréhensible pour eux que pour nous, les spectateurs, jusqu'à la fin fatale (no spoiler) qui parait couru d'avance après coup et qui permet de remonter le temps, remettre du sens à chacun de leurs comportements une fois qu'on a cette clé en main. Ce ne sera sûrement pas au goût de tout le monde mais ça vaut un petit détour.


"L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine" d'après Ruwen Ogien
mis en scène par Eric Bu et Hervé Dubourjal
au théâtre de La Reine Blanche
(terminé)

"Vous trouverez dans ce spectacle des histoires de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, de criminels invisibles, de machines à donner du plaisir, de tramways fous, de poissons d'élevage heureux, de races entières d'animaux qui disparaissent parce qu'on les aime beaucoup.  
Vous y verrez des expériences qui montrent qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres qui prouvent qu'il en faut encore moins pour se comporter comme un saint : une pièce de monnaie trouvée dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant...  
Vous serez le troisième personnage, qui s'exprime, peut interrompre la représentation, est dans la représentation. 
Invitation à penser la morale librement, ce spectacle allie sérieux et drôlerie, parce qu'il y a toujours des raisons de rire, et là, elles sont bonnes et nombreuses !"



Comment ne pas être curieuse face à un titre aussi intriguant ? C'était la première fois que j'allais voir du théâtre participatif, dans le sens où à l'entrée, on nous a fourni un papier et un crayon, sans explication. Quand le spectacle démarre, on comprend tout de suite pourquoi. Le public existe, les acteurs Jean-Louis Cassarino et Hervé Dubourjal nous parlent, nous demandent notre avis tout le long de la pièce. Le thème en quelques mots : "Le dilemme du tramway" si vous connaissez le principe. Personnellement, comme je venais de terminer la série The Good Place, j'étais au point en terme de question éthique à cause du personnage de Chidi Anagonye. 

Tout tourne autour de la question morale donc à travers de multiples exemples et situations différentes où on doit choisir quelle action entre tuer un chien pour sauver dix humains ou tuer un innocent pour sauver cinq patients avec ses organes on choisirait. Le public participe (moi pas, je déteste ça), c'est rigolo de voir ce que disent les autres, comment ils s'impliquent émotionnellement et j'étais assez surprise d'observer qu'en dehors de l'effet drôle de se poser des questions hors de toute réalité, chacun exprimait vivement et défendait sa propre morale coûte que coûte, ça leur tenait à cœur. Certains sujets un peu "touchy" ont même été abordés sans réel but par ailleurs : le végétarisme, le féminisme, l'inceste mais dans la totalité, même si c'était assez divertissant, une fois qu'on a compris le principe, ça devenait vite ennuyeux. Je commençais à fatiguer au bout du dixième exemple, ça partait un peu dans tous les sens surtout que les réponses du public pouvaient être paradoxales et un peu bêtes dans certaines situations (ceci dit, j'imagine que ce devait être différent à chaque fois vu que le public n'est jamais le même). Pas de conclusion de la part des acteurs, mis à part cette question restée un peu en l'air, d'où vient la morale et pourquoi l'être, moral ? En dehors de ça, la scénographie était top avec les projections sur tableaux blancs, très pédagogue et j'imagine que quand on ne connait pas ce type de dilemmes, on doit en ressortir la tête à l'envers.


"Trudi 1933 présent composé" de Véronique Bret
mis en scène par Denise Namura et Michael Bugdahn
à l'Espace Bertin Poirée
(terminé)

"Cette création interroge l'héritage, la transmission, la mémoire de nos ancêtres. Qu'en reste-t'il ?
La danseuse se confronte aux fantômes de sa grand-mère Trudi, actrice berlinoise qui a fui l'Allemagne nazie en 1933 et de sa mère Lolita, photographe ayant vécu dans l'ombre d'une mère vedette.
Ces personnalités ne font plus qu'un à travers le corps de la danseuse, imprégnée à vie de l'histoire des ces aïeules. Le processus de création lui permettra de s'affranchir et de trouver sa voie, sa voix."

Je ne vais pas réussir à parler de ce spectacle de manière concrète parce que j'étais dans un tel état d'émotion du début à la fin que même en tapant ces lignes, le souvenir me donne les larmes aux yeux. Je pense que ma relation conflictuelle avec mes parents a provoqué cette sensibilité au discours de Véronique Bret, qu'elle a dit des choses que j'aurai sûrement envie de leur dire pareillement et la résonance en moi était si intense que j'en suis sortie complètement déboussolée. Qui plus est, son jeu passant d'une personne à l'autre, comme une schizophrène, possédée par ses ancêtres, était subjuguant et les passages dansés d'une telle force. Voyez, je ne sais qu'en dire correctement. Je me suis prise la pièce de plein fouet et mis à part le vieux monsieur qui s'endormait sur moi à ma gauche, je n'ai rien à pointer du doigt.


EXPOSITIONS


"Chagall, Lisstzky, Malevitch, l'avant-garde russe à Vitebsk"
au Centre Pompidou
jusqu'au 16 juillet 2018

C'était la première fois que j'étais invitée à une visite presse au Centre Pompidou, en toute honnêteté, j'étais si heureuse d'avoir l'occasion de découvrir cette exposition, accompagnée des commentaires de la commissaire Angela Lampe dans ce lieu si mythique ! Qu'importe la pluie !


Si je visualisais déjà très partiellement les oeuvres de Chagall, j'étais loin de connaître quoi que ce soit à l'art suprématiste qui a découlé de son école éphémère, aussi surprenant cela peut-il être en comparaison avec son travail personnel. 

L'exposition retrace la naissance de l'école à Vitebsk, l'idéologie OUNOVIS constituée des disciples de Malévitch (dont le questionnaire pour être admis demande "es-tu prêt à te battre pour la réalisation d'une vérité ?") et met en avant aussi le travail des élèves, souvent de milieux populaires comme des différents professeurs qui pour la plupart donnaient des cours assez classiques, les styles étant parfois très éloignés les uns des autres. On passe donc d'une pièce aux tableaux figuratifs, individualistes à l'univers radical des Proun nombreux de Lissitzky (dont j'avais déjà découvert certaines pièces à Berlinsans prévenir.  Si je trouve la concurrence entre Malévitch et Chagall (qui a amené son départ de l'école en 1920 si on ose dire) amusante, le fil de l'exposition met surtout en avant l'apparition d'un art nouveau qui dépasse Chagall tout compte fait. Bien sûr, il faut aimer l'abstrait, ce que l'affiche de communication de l'exposition ne laisse pas forcément prévoir je trouve. Il y a beaucoup d'oeuvres qu'on ne peut pas prendre en photo, voici donc ma toute petite sélection postées sur Instagram au moment de la visite.


"Au lieu de ce monde" de Maia Flore
à la Galerie Esther Woerdehoff
jusqu'au 5 mai 2018

"Pour cette nouvelle exposition, présentée dans le cadre du Festival Circulation(s), Maia Flore présente des situations qui racontent sa poursuite superbe et sans fin du moment absolu, celui où tous les éléments d’un espace s’équilibrent pour faire ressentir un frisson de quelques secondes, qui s’évapore ensuite. Il faut alors recommencer. Ces photographies sont des quêtes, des processus nourris par l’itinérance de l’artiste, et qui réussissent à faire sortir la photographie du cadre, en ajoutant à la prise de vue un travail de collage et d’assemblage de matériaux. Avec ces recherches récentes, Maia Flore explore encore plus loin la relation entre le corps et l’espace, et nous transmet avec ses images les sensations qu’elle a elle-même ressenti : une chute, le souffle du vent, le froid d’un morceau de glace, et enfin, le soulagement d’avoir échappé pour quelques instant aux règles de l’espace et du temps."


Sans objectivité aucune et ce de manière complètement assumée, si vous passez dans le 15ème, il faut à tout prix que vous passiez voir les photos de Maïa. Parce qu'elle est si douée, si fine et que son travail transporte dans un espace-temps, juste à côté de nous, à portée de main mais qu'elle semble être la seule à voir. Et parce que c'est "trop ma copine", un point c'est tout. 


Team Florettes !

26 mars 2018

CULTURE | Le narcissisme et moi


Il y a peu, j'ai lu un livre que je ne peux que m'empresser de vous conseiller : "La culture du narcissisme" de Christopher Lasch. Même si celui ci a été publié en 1979, la société (principalement américaine) qui y est décrite ressemble encore à la notre et ce même 40 ans après. Toutes les pistes sont là, on a plongé la tête la première dedans, en pire si j'ose dire grâce aux outils qui se sont offerts à nous dans les années 2000 (la télé-réalité et les réseaux sociaux en premier !). Un passage qui ressemble à une prédiction :

"La vie moderne est si complètement médiatisée par les images électroniques qu'on ne peut s'empêcher de réagir à autrui comme si leurs actions - et les nôtres - étaient enregistrées et transmises simultanément à une audience invisible ou emmagasinées pour être scrutées plus tard. "Souriez, la caméra invisible vous observe !" L'intrusion de cet œil omniprésent dans la vie quotidienne ne nous étonne plus et ne nous surprend plus sans défenses. Inutile de nous rappeler qu'il faut sourire. Ce sourire accueillant, bienveillant s'est gravé sur nos visages et nous savons même sous quels angles il est le plus flatteur."

ou encore :

"La publicité sert moins à lancer un produit qu'à promouvoir la consommation comme style de vie. Elle "éduque" les masses à ressentir un appétit insatiable, non seulement de produits, mais d'expériences nouvelles et d'accomplissement personnel. Elle vante la consommation, remède universel aux maux familiers que sont la solitude, la maladie, la fatigue, l'insatisfaction sexuelle. Mais simultanément, elle crée de nouvelles formes de mécontentements, spécifiques à l'âge moderne. Elle utilise et stimule le malaise de la civilisation industrielle. Votre travail est ennuyeux et sans signification ? Il vous donne un sentiment de fatigue et de futilité ? Votre existence est vide ? Consommez-donc, cela comblera ce vide douloureux. D'où la volonté d'envelopper la marchandise d'une aura romantique, d'allusions à des lieux exotiques, à des expériences merveilleuses, et de l'affubler d'images de seins féminins, d'où coulent tous les bien-faits."

Rien de de nouveau sous le soleil ! Et pourtant, je vous parle de ce livre en particulier car il a mis en lumière des frustrations que j'ai pu ressentir, les a situées sur une trame historique qui dépasse mon individualité et a expliqué entre autres certains choix hasardeux dans ma vie. Et quoi de mieux pour le prouver que de vous partager le texte intime qui suit et qui date d'il y a deux ans, écrit le 6 mars 2016 alors que je faisais face à l'absurdité de mon occupation professionnelle, peu de temps avant que j'active ma "petite mort" ? Dans Pensées, j'ai déjà abordé ce sujet (vous verrez, des passages y font écho inconsciemment) dont le sens m'a longtemps obsédé et sur lequel j'ai tant à dire (j'ai l'impression de radoter à force) : mon expérience et ma "carrière" comme blogueuse mode dans un temps donné et terminé (je suis à la retraite). C'est particulièrement intéressant pour moi de relire ce texte maintenant que j'ai détaché les liens qui m’enchaînaient à ce laps de vie professionnel que je haïssais plus que tout en fin de course ; il résonne. On prône (et jalouse) beaucoup ce nouveau métier comme une réussite en soi car il permet de consommer, encore et encore, à moindre frais si ce n'est pas gratuitement et d'être (très bien) payé pour "exister" (dans un monde rempli de produits, bien sûr), d'être son propre patron, joignant qui plus est à l'activité une forme de célébrité ; tout ce que nos personnalités narcissiques peuvent être amenées à fantasmer dans notre société moderne (cela m'a d'ailleurs longtemps convenu et plu), Christopher Lasch cible et prédit l'ensemble exposant la part de vide inclue qu'on montre moins et qui peut vite rendre ce quotidien "luxueux" sombre. Je l'ai vécu de plein fouet et il m'a longtemps fait douter de la propre utilité de mon existence en dehors des projecteurs virtuels. Voyez par vous-même.

"Plus tôt dans la semaine, abattue par une fin de grippe, j'ai pleuré, beaucoup, la vie était plus lourde que d'habitude. Il a fallu d'une seule journée de fashion week, vingt minutes assise sur un banc de défilé, au deuxième rang, isolée de mon pack professionnel à qui j'ai claqué des bises sans sens à regarder des mannequins porter des vêtements dont je me fiche pour me demander ce que je faisais là. Pour la énième fois. J'en ai détesté ma vie, j'en ai détesté ma présence dans ce lieu, l'absurdité de mon besoin encore vicieux d'en être physiquement quand toute mon âme veut s'en échapper. Qu'est-ce que je fais ? Pourquoi je continue à me nourrir de ce poison qui n'est plus moi et qui ne m'a même jamais vraiment fait pousser dans le bon sens ? Je la connais très bien la réponse. Je n'ai pratiquement jamais vécu sans. La vie sans Cuillère à absinthe, la vie sans les milliers d'yeux invisibles qui me regardent, qui valident mon existence, la vie sans tous ces inconnus qui gravitent autour de moi, j'ai grandi avec, c'est une drogue, une raison d'être par habitude. Assise en boule au milieu de ma cuisine, cachée d'eux, je pleurais de toute ma fatigue d'être "ça", de représenter cette vie vide et narcissique qui ne me correspond absolument plus et d'en souffrir sans savoir comment m'en débarrasser et ce sans me plonger dans l'insécurité. Internet est la meilleure comme la pire chose qui me soit arrivée dans ma vie. J'y ai construit un cocon étouffant sans le savoir. Je me suis asséchée dans un monde qui te demande de ne surtout pas réfléchir alors que mon cerveau bouillonnait de curiosité, de revendications, de questions. La superficialité de mon mode de vie de vendue me rend si triste, si malheureuse, si déplorable. Je suis effrayée, je n'ai parfois plus la force d'imaginer qu'il puisse y avoir autre chose en dehors de ce quotidien absurde. Dans le passé, perdue dans la campagne, je rêvais de faire ; j'ai cru y arriver toutes ces années alors que je n'étais qu'en train de me divertir. Je n'ai rien d'accompli, rien sur lequel reposer mon esprit, rien que j'ai construit et dont je suis fière personnellement. Rien de tangible, que des objets de consommation donnés les uns après les autres, voilà tout ce que je peux léguer. Des objets morts, sans histoire, remplaçables à l'infini, qui n'ont répondu à aucun désir vital, qui se sont agrippés à moi comme des sangsues pour récompenser des entreprises que je débecte, poussant d'autres à acheter, encore et encore. Voilà tout ce que j'ai gagné, cela, un semblant de réussite et de l'argent. J'étouffe.



(...) Est-ce que je peux accepter de me voir ? A travers mes propres yeux et à travers ceux de mes proches principalement ? Est-ce que je peux vivre cachée dans un petit monde, rétrécir mon champ de vision et y concentrer que ce qui me plait, supprimer les parasites ? Qu'est-ce qu'il y a au delà ? C'est qui cette Typhaine qui n'est pas blogueuse mode ? C'est qui cette autre fille qui n'agit pas au quotidien pour nourrir un personnage virtuel, qui n'est pas en représentation ? Qu-a-t-elle à donner ? Qu-a-t-elle surtout à garder ? Quelles seront ses actions si on enlève le poids de son "rôle" ? Quelles seront ses propres attentes personnelles ? A quoi ressembleront ses journées ? Qui suis-je si je décolle le masque ? 

Il y a une part de curiosité qui me prend. J'ose. J'ose imaginer une autre vie, j'ose voir ce que gagnerait en légèreté, en naïveté, en joie mon quotidien. Passer un moment avec mes proches, voyager, vivre en somme sans avoir à en faire part à internet, récupérer mon intimité ; ne pas communiquer tous ces moments de bonheur pour prouver qu'ils existent, qu'ils sont cool. Ils ne seraient plus qu'à moi, juste à moi, créer pour moi, pour mon bonheur unique. Quel luxe ! C'est effrayant, fascinant, excitant, je mettrais fin à ma douleur, mon combat intérieur entre ces deux "moi" ; je n'aurai plus à penser à ce que je renvoie comme image, mon look, ma féminité, ce que je dois représenter, je pourrais juste être un seul moi sans me préoccuper de ma crédibilité, de mon droit d'être comme ça par rapport à ce qu'on attend de l'autre dans ce carcan. Je serais libre. Seule et libre, l'espace épuré pour garder que le meilleur. (...) Je me dis que c'est d'une manière ou d'une autre la meilleure décision que je puisse prendre à ce jour pour REGAGNER ma vie."



C'est rigolo non ? De comparer les extraits plus haut à ce ressenti. J'aurai été largement incapable de partager ce texte (par ailleurs médiocre) au moment T, hors de question d'admettre ma vulnérabilité là où j'imageais une forme de réussite à la vue de tous (quelle petite ingrate !) mais il est intéressant en soi parce qu'il illustre vivement tout ce que Christopher Lasch aborde. J'ai même d'autres textes plus anciens où je réalise de but en blanc que mon travail de l'époque consiste tout bonnement à montrer que je vis (et à accessoirement porter des vêtements, soit). Imaginez donc comme j'ai rigolé à la lecture de ce livre ! 

"Bien qu'elles ne soient pas nécessairement plus nombreuses qu'auparavant, les personnalités narcissiques jouent un rôle manifeste dans la vie contemporaine, et atteignent souvent des positions éminentes. Jouissant de l'adulation des masses, ces gens en vue donnent le ton à la vie tant privée que publique, puisque le mécanisme de la célébrité ne reconnait pas de frontière entre ces deux domaines. Les "idoles" - ce terme révélateur, englobant non seulement les riches et les têtes couronnées mais tout ceux qui se dorent, ne serait-ce qu'un instant, dans la lumière des projecteurs, ou se reflètent dans l’œil d'une caméra-, ces idoles, donc,  vivent pleinement le fantasme du succès narcissique. Or, celui-ci n'est rien d'autre qu'un désir d'être immensément admiré, non pour ce qu'on a accompli, mais simplement pour soi-même, sans réserve et sans esprit critique." 

J'ai nourri ma personnalité narcissique pendant des années à travers le blog (ce qui m'a rendu bien plus malheureuse qu'heureuse, qu'importe les faux sourires que j'ai longtemps affichés) et si vous en doutez encore, mon histoire est loin d'être unique ; on se fait tous à échelle différente bouffer par notre autre parfait virtuel et une société qui nous pousse à faire de la consommation un but de vie, à travailler pour gagner de l'argent à fin de continuer d'acheter et des objets et de la culture et des expériences (la liste est longue) et bien sûr, à vendre notre intimité, ce mot qui nous parait presque abstrait aujourd'hui. 

Alors, ça a techniquement pris du temps (et je suis loin d'être tout à fait "soignée) mais ça y est, je vis ce que j'avais osé imaginer. Je me suis extirpée d'un milieu, le côtoyant maintenant avec plaisir de temps en temps comme on revoit un ancien ami, de loin. J'ai pris énormément de recul avec les réseaux sociaux (j'ai même passé deux mois avec un portable à 10 euros, sans internet à taper lentement mais sûrement mes textos en T9) et ça fait du bien. Si le passé me rattrape toujours (pas tous les jours facile de me trimbaler cette image virtuelle décolorée dans ma nouvelle réalité, je dois encore faire la paix avec elle), je fais des plans de vie à nouveau dont la finalité première consiste en somme à vivre comme une petite fourmi parmi tant d'autres, loin d'une audience trop dévorante ; j'ai réappris à penser au futur lointain, à m'imaginer autrement et ailleurs, à calmer mes frustrations enfantines et narcissiques de grandeur et de destin exceptionnel, à me réapproprier ma vie et ma mort sans avoir à prouver que mon "moi" avait une raison d'exister aux yeux des autres.

 Tout ça pour dire : lisez "La culture du narcissisme".


PS : Il me semble important de préciser, au cas-où, que je ne critique en rien ceux et celles qui se réalisent à travers ce type d'activités. Il m'a bien fallu parcourir et expérimenter ce chemin pour comprendre que ce n'était pas ce que je recherchais dans ma vie et cette conclusion de toute évidence ne tient qu'à moi.

19 févr. 2018

CULTURE | Trahisons, Du ring à la scène, Nouveau(x) genre(s)...


Spécial théâtre ! 


"Trahisons" de Harold Pinter 
mis en scène par Christophe Gand
au Lucernaire
du mardi au samedi à 19h
et le dimanche à 16h
jusqu'au 18 mars 2018


"1 femme, 2 amis, 3 amours. Jerry et Emma se retrouvent deux ans après leur rupture. Elle est la femme de Robert, ami de longue date de Jerry. Pinter autopsie les liens amoureux et amicaux : des séparations aux rencontres, des aveux aux mensonges, des secrets aux trahisons."

Le classique triangle amoureux par le classique Pinter, recette simple mais efficace ! Vue un dimanche, seule, entourée que de personnes retraitées, j'avais l'impression d'être une totale ingénue face à cette histoire d'amour. Je sentais bien que la pièce ne me parlait pas comme à eux, ces spectateurs d'un certain âge (elle se passe dans les années 70 en plus) ; je n'ai jamais été mariée (et ne compte pas l'être), je ne sais pas ce que c'est d'être plus de 10 ans avec la même personne, d'avoir des enfants, des amis de la famille avec qui les limites se brouillent et se franchissent ; j'ai gobé la pièce tel un feuilleton divertissant des Feux de l'amour. Vous allez rire mais la personne à laquelle je m'identifiais le plus, c'était le jeune homme qui changeait le décor après chaque scène avec des mouvements dansés d'une délicatesse rigolote. Pas de grande surprise ni dans le jeu, ni dans la mise en scène. Tout se tient, on passe un moment sympa, impossible d'être purement déçu ou ému (du moins si votre expérience se rapproche de la mienne). Si vous souhaitez aller voir une pièce de qualité avec vos parents par exemple, sans prise de risque, celle-ci fera tout à fait l'affaire !



"Du ring à la scène" d'Ingrid Graziani
au Théâtre Montmartre Galabru
tous les lundis à 20h
jusqu'au 2 avril 2018

"Je m'appelle Ingrid, je suis championne du Monde de boxe et je suis une fille. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai commencé la boxe : les tenues flashy ! La corde à sauter ! Les régimes ! Puis sans crier gare, je suis passée du côté obscur de la force. Parce qu'avec 20 heures d'entraînements hebdomadaire, ta féminité tu peux la mettre dans ton cul. La testostérone te rentre par les trous de nez, physiquement tu ressembles plus à Popeye qu'à Olive, tu gères les pompes claquées et ton héros c'est Rocky ! Et donc ... Je m'appelle Ingrid, je suis célibataire parce-que je provoque chez les hommes un flagrant conflit de virilité. Quel dommage, j'ai la peau si douce ! Du ring à la scène c'est la vraie histoire drôle de ma vie."

Sur les trois spectacles que je vous présente aujourd'hui, "Du ring à la scène" est sûrement celui qui m'a le plus touchée. Pourtant, je n'avais jamais entendu parler d'Ingrid, ni en championne de boxe, ni en prétendante à Miss France en 2003 ou comme comédienne. Je l'ai complètement découverte, elle et son histoire personnelle ce soir là. Au début de ce "woman show", je gardais mes distances avec cette inconnue et ses blagues sur le milieu de la boxe, sur les remarques qu'on lui a faites parce qu'elle était toujours vue comme un mec par ses camarades, ayant peur que ça tombe facilement dans les clichés genrés potaches (sans parler de l'utilisation du mot "black" sur lequel mes dents ont grincé...) mais petit à petit, sa quête pour trouver sa féminité à travers ses différentes expériences de vie m'ont fait sourire. Ses imitations sont les petits bijoux du spectacle, c'est là où je l'ai trouvée la plus douée dans un sens. Que ce soit en hôtesse de l'air multi-langues, en belle-sœur croulant sous les gamins, en présentateur télé, chaque sortie de son propre personnage égaillait l'ensemble. Les passages qui m'ont le plus fait rire sont ceux de ses débuts dans le monde du théâtre. J'avais cette réaction typique qui incite à rigoler parce que "C'est tellement ça !" (son audition au Conservatoire, j'en ris encore). Ingrid se métamorphose sur scène, elle image sa recherche d'elle-même après "sa petite mort" qui dépasse finalement la problématique posée en premier lieu du genre féminin avec une honnêteté ironique pour finir sa course au début de tout, frappant l'air de toutes ses forces ; un final qui m'a ému plus que de mesure. Merci Ingrid ! ♥



"Nouveau(x) Genre(s)" de Caroline de Diesbach
à la Manufacture des Abbesses
du lundi au mercredi à 21h
et le dimanche à 20h
jusqu'au 7 mars 2018


"Dans une forme mêlant théâtre, chant, vidéo et musique, une femme interroge son rapport au genre. De la scène à l’autre scène, c’est l’inconscient qui est convoqué. Révélant une parole intime, inspirée de séances psychanalytiques, le jeu des deux actrices, analyste et analysante produit un effet miroir, le spectateur y découvre ses propres interrogations. C’est toute l’énigme de la féminité qui est interrogée. Désir, féminité, fantasme, langage… Le spectateur y entend les effets de la langue.

Plus qu’un spectacle, « Nouveaux Genres » est une véritable expérience qui ouvre le champ des possibles. Sans prétention, ni théorie, ni volonté de maîtrise, il lève un voile sur la pratique de la psychanalyse. S’intéressant à ce qu’il y a de plus singulier en chacun, cette expérience d’analyse opère une véritable rencontre avec le public."

Une autre façon de parler du genre et alors là, on ne pouvait pas être plus éloignée dans le registre. Résolument, je ne suis pas sûre d'avoir très bien compris la pièce surtout parce que contrairement à son titre et à son résumé, je n'ai pas trouvé que le sujet du genre était tant central que ça, j'irai même jusqu'à dire à peine abordé. Oui, Caroline de Diesbach se questionne sur ce que c'est d'être au féminin, chante même sur les classiques positions de femme ou putain (entre nous, la seule chanson que j'ai aimée est celle sur "Les Machins") mais rien n'est vraiment remis en doute ou transfigurer, où est la nouveauté alors ? Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais, peut-être à plus de bousculements dans le propos ? Surtout vu le contexte choisi ! La mise en scène très répétitive à son charme, le constant retour au bureau de la psychanalyste jouée par Isabelle Gomez, épouvantail humoristique avec son "Venez" autoritaire et "On s'arrête là", parfois très comique de part sa façon si brutale de conclure les pensées de sa patiente mais ensuite ? Les points abordés qui m'ont le plus parlés concernaient ses questions sur l'amour : comment aimer, puis-je aimer ? Peut-être que je n'y ai pris que ce qui me taraude personnellement, dédaignant ce qui me semble résolu ? En somme, ce spectacle est une immersion dans l’intimité de ce qu'est une forme de psychanalyse, laissant ici et là plein de points d'interrogations en l'air ; j'en suis sortie confuse (comme après une vraie séance ?) mais au final est-ce une si mauvaise chose ?


12 févr. 2018

MODE | Drop it


Deuxième tenue shootée au Who's Next.

Photos (toujours) prises par Florie Berger, je porte un manteau et une robe de la marque coréenne Wnderkammer, un sac seau Muun, mes très vieilles derbies Topshop et suis coiffée par Saco.

5 févr. 2018

CULTURE | Singin' in the Rain, Alceste, John Irving...


De retour pour un article culture, soit ! Sauf qu'encore une fois, je reviens sur des spectacles déjà terminés. Qu'importe, je sais bien que vous n'habitez pas toutes en région parisienne et qu'après tout, dépassés ou non, c'est toujours un plaisir de revenir dessus !


"Singin in the rain"
au Grand Palais
(terminé)

En tête d'affiche, la comédie musicale Singin' in the Rain qui était de retour à Paris au Grand Palais cette fois ci, non plus au théâtre du Châtelet ; lieu dans lequel je l'avais vu pour la première fois. C'était alors il y a quelques années déjà, amenée que j'étais à voir le spectacle par une amie (c'était une surprise !), moment qui reste encore à ce jour gravé dans ma mémoire puisque assister au show m'a à la fois procuré énormément d'émotions (c'était ma première fois devant une vraie comédie musicale sur scène, j'en ai pleuré) et aussi ce qui a déclenché mon désir de pratiquer cette activité et comme vous le savez déjà maintenant, j'ai adoré mes cours de comédie musicale l'année dernière (j'y suis même de retour depuis ce mois ci). Forcément, quand j'ai reçu une invitation pour aller de nouveau chanter sous la pluie, j'étais plus que partante ! 


C'était magique ! J'étais placée comme une reine et le spectacle était en tous points pareil à mes souvenirs (quelques acteurs ont été doublés seulement), toujours d'une qualité si précise. J'ai revécu l'ensemble avec beaucoup de joie ajouté à cela un côté un peu fier enfantin de déjà le connaître par cœur, des chansons à la mise en scène essayant tant bien que mal de ne pas spoiler mon invité. "Oh tu vas voir, les costumes dans la scène suivante sont magnifiques !" Mes souvenirs étaient si ancrés que je connaissais presque chaque rebond, mot pour mot et c'était d'autant plus fantasmagorique d'observer le travail des acteurs avec un œil plus averti qu'auparavant.

Et pour ne rien gâter, le Grand Palais s'était métamorphosé autour du spectacle. Photocall, buvette, karaoké et surtout cours de claquettes ! Une heure où j'ai découvert des parties de mes pieds insoupçonnées jusqu'ici accompagnée de professeurs à l'humeur joviale ! Comme vous pouvez le voir sur les photos, j'étais aux anges du début à la fin !


Le moment où j'ai découvert où j'étais assise dans le public !


"Seul Alceste"
d'Alexandre Camerlo
au Guichet Montparnasse
(terminé)

Dans un tout autre genre, un spectacle joué et mise en scène par la même personne, Alceste lui même (c'est à dire Alexandre Camerlo) qui seul sur scène avec sa chaise et quelques jeux de lumières déclamait des extraits des tirades de ce personnage si connu qu'est le fameux Misanthrope de Molière. Si celui-ci a souvent de longs monologues qui peuvent justifier sa solitude sur scène, la réplique lui était tout de même donné dans certaines scènes par des voix enregistrées sortants d'enceintes invisibles. Pas facile de tenir une si petite salle avec un texte si rabâché et dans ces conditions. Pourtant, parfois, j'étais prise dedans, je voyais Alceste vivre en face de moi quand d'autres, un peu énervée par la voix grésillante des hauts parleurs, j'avais l'impression d'assister à une répétition. Un peu comme quand je révise mes textes de théâtre et que j'enregistre ce que dit mon partenaire sur mon dictaphone pour me donner la réplique, tout pareillement, en calculant les moments de vide qu'il faut que je laisse pour avoir le temps de dire mon propre texte. Il n'empêche que j'adore ce personnage, que ça restait pour moi un plaisir d'entendre ce texte dépouillé de certaines fioritures et que ça m'a même amené à relire la pièce après coup et d'autres de l'auteur (que je n'avais pas approché depuis le lycée), écouté des podcasts à son sujet (je conseille pour rigoler celui de "Ca ne peut pas faire de mal" : Hommage au "patron" de la Comédie Française), comme quoi ! 


LECTURE


Comme je passe mon temps à emprunter des livres à la bibliothèque (je souhaite ne posséder que ceux qui me collent à la peau), j'en oublie parfois ce que j'ai lu. Depuis cette année donc, je tiens une liste des bouquins que j'enchaîne avec une petite notation en points rouges à côté de chaque titre. J'ai lu des choses bien ces derniers temps mais très bien, peu. Il y a quand même une exception et celle-ci concerne ce roman : "Le Monde de Garp" de John Irving. J'avais croisé le nom de l'auteur à droite, à gauche sans me lancer et là, me baladant entre les rayons, faisant fi de ma liste à lire qui n'en finit plus, j'avais envie de quelque chose de léger, facile à lire. Au pif, j'ai pris celui-ci et même si c'était déjà y a deux mois, je m'en souviens encore comme si c'était hier : de Garp, écrivain dans le roman et de ses difficultés à écrire, de sa mère, devenue une icone féministe par hasard (sur qui d'ailleurs l'histoire se concentre au début), de certaines scènes de leurs vies absurdes qui s’enchaînent sans répit liées par une certaine forme de violence qui entoure les personnages principaux tout au fil de leur vie. Ce roman m'a tenu jusqu'à la fin savamment prévisible dans son imprévisibilité si j'ose dire. C'était et divertissant et militant à sa façon. J'ai hâte d'en découvrir d'autres !

En attendant, je suis dans ma phase Dostoïevski, jamais abordé jusqu'ici. Je viens de finir "L'idiot" avec difficulté, c'était un peu longuet pour moi sans m'intéresser plus que ça mis à part le personnage fascinant de Nastassia Filippovna (+ une fâcheuse impression de l'avoir déjà lu sans m'en souvenir tout à fait, très étrange) contrairement à "Crime et Châtiment" qui est absolument époustouflant. Parfois, j'étais si tendue à la lecture que j'en arrêtais de respirer. Les description de "Dodo" (comme j'aime à l'appeler) des ressentis de Raskolnikov après-meurtre sont saisissantes, je n'arrivais plus à lâcher le livre, le dévorant à chacune de mes pauses déjeuner. Certains échanges de dialogues étaient si bien tournés que j'avais l'impression d'être devant une série policière au suspens finement ficelée (sachant que le roman était d'abord diffusé en feuilletons c'est logique j'imagine). Super Typhaine, il n'y a pas plus classique que cet auteur ! Il n'empêche que c'est aussi ceux qu'on ne prend pas le temps de lire !

29 janv. 2018

MODE | oops i did it again


Oops, qu'est-ce que j'ai à nouveau fait ? J'ai à nouveau posé ! En dehors de cette tenue qui n'est pas sans rappeler mon idole de jeunesse, vous savez ce que je vois sur cette photo d'entrée d'article ? Un visage qui fait son âge. C'est drôle mais c'est la première chose que j'ai dit à Florie, la photographe. "J'ai vieilli !" Dans le sens où je fais mature, adulte. Fini la tête de bébé ! Et ce n'est pas pour me déplaire !

Photos prises par Florie Berger lors de ma visite annuelle au Who's Next, je porte un ensemble Knitss, des bijoux Aurore Havenne et suis coiffée par Saco.


Et pouf, même tenue, même lieu, on détache les cheveux, change l'ambiance lumineuse et nous voilà parti sur un avatar théâtral de Kate Bush dans le clip de Wuthering Heights. Deux shootings pour le prix d'un !


19 déc. 2017

VIDEO | Jackie Mootan - Llama Fur


Cet été, j'ai tourné dans quelques productions dont j'attends encore beaucoup les rendus finaux mais l'un d'eux est déjà sorti et c'est sûrement le plus rigolo !

C'est le clip de Jackie Moontan pour sa chanson "Llama Fur" et comme vous allez le voir, on a eu la chance de danser avec un vrai llama (de son petit nom Lili). Je faisais partie des girls hautes en couleurs de Jackie dans son salon de coiffure rétro ! 


Quelques photos du tournage pour le plaisir !