14 mai 2018

TRAVEL | A la découverte d'Edimbourg I


Plus le temps passe, plus j'ai envie de quitter Paris. Non pas parce que je n'aime plus cette ville, au contraire, ce fut la première que j'ai considérée comme "chez moi" après plusieurs déménagements dans ma jeunesse mais bien parce que mes objectifs professionnels ont changé et que ma présence dans la capitale française m'apparaît de moins en moins nécessaire. Au fil du temps, je me disais "Et si je partais à Londres ?", "Et si je partais à Séoul ?", "Et si je partais à Tokyo ?" De multiples directions me tentaient, j'avais à la fois envie de chacune sans qu'aucune ne soit pour autant sérieusement envisagée. 

Puis Edimbourg est arrivé bizarrement dans ma vie il y a quelques mois. D'abord via le compte d'une instagrameuse, ensuite par des reportages sur J.K Rowling regardés avec un chocolat chaud en plein hiver, puis l'Ecosse en général via la série Outlander, des podcasts d'expatriés sur place, le blog French Kilt, et toujours ce nom qui revient en boucle à mes oreilles, doucement mais sûrement. Plus le temps passait, plus je me renseignais, plus mes pensées convergeaient vers un Eureka ! Je voyais la ville, les montagnes, la nature, la mer, les îles, les plaines et tout correspondait à mon envie de "retraite" loin de tout, c'était devenu une obsession. J'aimais dire à qui voulait l'entendre "De toute façon, un jour je vais me barrer avec mon chat en Ecosse !" et ce même sans y avoir jamais mis les pieds, comme une évidence. Tout cela n'était que fantasmé.  Jusqu'à ce court week-end la semaine dernière dans une réalité "scottish" qui a comblée toutes mes attentes ! 

Je vous emmène ?


Déjà, il a fait un temps exceptionnel (j'avais pris un parapluie mais pas de lunettes de soleil, c'est pour dire, je m'étais préparée à tout sauf ça !). A peine arrivée en pleine matinée, les rayons dorés éblouissent le château que j’aperçois pour la première fois surplombant la ville sur son rocher volcanique, illuminant mes yeux de grande enfant alors assise dans le tram en direction de mon hôtel à York Place, je trépigne  d'envie de briser la vitre et de sauter à l'extérieur tant mon impatience était grande ! Je bazarde mon sac à dos dans le lobby de l'hôtel Indigo et ni une, ni deux cours à moitié pour rejoindre Old Town emplissant mes poumons de cet air chargé d'iode qui m'a surprise à la sortie de l'avion ! Là commence ma longue escapade à pieds dans Edimbourg à un rythme effréné d'amoureuse. 

En à peine un jour et demi sur place, j'ai parcouru et checké tous les spots de ma liste personnelle (même plus !). Bien sûr, le fait de voyager seule limite les pertes de temps, surtout que je suis du genre à manger sur le pouce et à marcher à une allure rapide sans m'en rendre compte ou même me fatiguer. Pourtant, je n'ai pas fait la touriste goulue, m'autorisant des pauses lecture au bord d'un ruisseau, quelques courtes sieste dans des parcs ou de longs moments pensifs sur la colline qui n'ont en rien entravés ce court "date" que je m'étais programmé en secret avec la ville.


CHÂTEAU D'EDIMBOURG

En premier, le château ! J'adore les châteaux, depuis toujours, ayant grandi un temps en Eure-et-Loir, région qui en comporte quelques uns et qui ont tous fait l'objet des sorties scolaires que j'ai pu faire en primaire sans parler d'un père qui était obsédé par Versailles...  Je grimpe instinctivement vers lui, sans Google Maps (que je n'utiliserai pas du week-end remplacé par une carte du centre imprimée en amont), les montées rudes pour l'atteindre ne m'épuisent pas tant mon énergie est folle. Comme il est tôt, si touristes il y a en nombre de part le fait que c'est le point à ne pas louper pour chaque voyageur, ça reste praticable et je reste longtemps sur place à observer le vue. Plus tard, alors que je reprenais ma balade et le regardais au loin, j'ai levé les yeux par hasard lorsque le coup de canon a eu lieu, à 13h pile, comme chaque jour !


Je ne prendrai pas de ticket pour le visiter car j'ai surtout envie de dévorer la ville et que j'aurai tout le temps de faire ça quand j'habiterai là (j'y suis déjà dans ma tête !). Je redescends la Royal Mile au pif, remplies de boutiques de cachemire, d'écharpes tartan et divertissements touristiques, sans but précis, checkant chaque petite rue cachée et plus calme sur les côtés, dévoilant des cours mystérieuses avant de tomber sur :


VICTORIA STREET

Cette rue colorée qui a inspirée Dragon Alley dans Harry Potter comportait son taux de boutique dédiées à la série des livres de J.K Rowling, rendant la balade magique, presque irréelle, comme à Disneyland. En soi, il est assez drôle de penser qu'Edimbourg était déjà comme ça avant qu'Harry, Ron et Hermione débarquent dans nos vies et que ce qui nous rappelle Poudlard (dont les nombreuses universités et écoles majestueuses que j'ai croisées) avait une vie propre avant de se voir attribuer cet univers. Il n'empêche que pour tout enfant qui a rêvé un jour de recevoir sa lettre d'admission à l'école des sorciers ou plus particulièrement me concernant être la fille cachée de Voldemort (chacun ses fantasmes), c'est un vrai bonheur de faire face à cette architecture qui n'est pour le coup certainement pas en carton pâte.


GREYFRIARS KIRKYARD

Vers 12h, le soleil a fui, pile quand je trouvais enfin l'entrée du cimetière Greyfriars, me plongeant dans une ambiance gloomy à souhait. Celui-ci est connu pour les multiples célébrités écossaises qui y reposent mais aussi via l'histoire de Bobby Greyfriars, un skye terrier qui est venu se coucher pendant 14 ans sur la tombe de son maître mort et qui comme symbole de fidélité par excellence illustre autant les babioles des boutiques de souvenirs du pays que Nessie (plus d'infos). Mais aussi et encore une fois de part son lien avec le monde d'Harry Potter puisqu'on y retrouve la tombe de Tom Riddle. RIP Voldemort ! Quelques groupes de visites guidées s'y baladaient, je m'y mêle et attrape des informations au vol dont le fait que c'est le cimetière le plus hanté d'Edimbourg et que des parcours y sont même programmés rien qu'à ce sujet. SPOOKY !


Un petit stop au Hula Juice Bar pour un wrap végétarien à l'avocat et un smoothie peanut butter + banane ♥


DEAN VILLAGE

Mon moment chéri de la journée et ce pour plein de raisons ! Premièrement, me rendre à Dean Village à pieds de mon hôtel (où je suis passée prendre une courte douche après avoir déjeuné, histoire de restée éveillée vu que j'étais debout depuis 4h du matin mine de rien) m'a permis de marcher en dehors des sentiers battus du centre pendant une vingtaine de minutes puis le soleil est revenu, glorieux, quand je suis arrivée sur place (après m'être perdue ici et là, découvrant des résidences magnifiques), éclairant avec la plus belle lumière d'après-midi qui soit cette vue fameuse du petit pont qui surplombe les eaux de Water of Leith et qui me faisait tant rêver sur les photos instagram croisées ; j'en avais les larmes aux yeux tellement c'était beau, apaisant. Un peu comme un Montmartre écossais avec ces petites maisons hors du temps loin de toute circulation trop massive. Un espace précieux rempli du son clapotant de l'eau, des rayons qui chauffent les pierres âgées de Well Court, des cerisiers en fleurs qui colorent le décor, de cet air chaud et bon, si incongru que chaque écossais avec qui j'ai échangé deux mots m'a affirmé être inespéré. Je me sentais tellement chanceuse d'être là à ce moment T d'où cette expression béate et contente que j'ai sur la photo qui suit plus loin, prise spontanément par une touriste japonaise qui a eu pitié de moi alors que je me tentais difficilement un selfie. C'était magique !


Ma future maison ! Je me vois tellement habiter dans ce type de quartier et d’architecture, comme un petit cube et conduire exactement la même voiture tiens (même si je n'ai pas le permis !).


SCOTTISH NATIONAL GALLERY OF MODERN ART

La galerie ne faisait pas du tout partie de mon programme, je suis tombée dessus au hasard des rues en abandonnant difficilement Dean Village. C'est la raison pour laquelle je prends rarement les transports en voyage ; déambuler à pieds est toujours plein de surprises que je serais triste de louper. J'ai été complètement soufflée par le jardin tout en zigzag d'un de ces bâtiments (la galerie est divisée en deux endroits qui se font face) qui n'est autre qu'une oeuvre d'art de Charles Jencks appelée "Landform" que les visiteurs étaient amenés à "piétiner". Je m'y suis installée, me prélassant et m'endormant comme un bébé au bord de l'eau. C'était peu de temps avant la fermeture de la galerie (qui ferme tôt, à 17h) que je n'ai donc pas eu le temps de visiter, tant pis. D'ailleurs, le site est impressionnant, on y retrouve toutes les références des œuvres exposées ! 

Attrapant de quoi manger sur le chemin retour, assise à lire sur l'herbe des Princes Street Gardens, je suis rentrée tôt dans la soirée à l'hôtel pour sombrer dans le sommeil devant un documentaire sur le retour des loups aux Etats-Unis, prête à me lever aux aurores pour grimper les hauteurs de la ville dès le lendemain matin.


La suite au prochain épisode !

25 avr. 2018

CULTURE | L'affaire Courteline, Le Monte-plats, Trudi 1933...


Aujourd'hui au programme (comme j'adore dire sur Instagram), pas une, ni deux mais quatre pièces de théâtre et une grande et petite expositions à découvrir dès que possible !

On se lance ?


"L'affaire Courteline" de Georges Courteline 
mis en scène par Bertrand Mounier
au Lucernaire
du mardi au samedi à 19h
et le dimanche à 16h
jusqu'au 6 mai 2018

"Dans L’Affaire Courteline on ne s’attache pas au seul déroulement d’une histoire, mais on privilégie une exploration de l’oeuvre de Courteline. On s’attardera ici sur trois grands thèmes chers à l’auteur : le ménage, les employés pour terminer en apothéose avec le judiciaire. Ces personnages bourrés de défauts et de vices sont-ils réellement antipathiques et que reste t’il aujourd’hui de ces pleutres et de cet univers piquant que dépeint Courteline ? En bref, tout se passe dans un théâtre, on y est, on le voit et on l’assume." 

Mon coup de cœur du mois ! Courteline, c'est l'humour au théâtre comme je l'aime, ça parait grotesque aux premiers abords dans les thèmes abordés et les personnages caricaturaux d'un autre temps mais petit à petit se tisse un humour d'une finesse ironique, absurde, presque noir sous ses attraits burlesques qui me plait toujours énormément ! En plus, j'étais très heureuse de retrouver sur scène la bande de la compagnie "La Boite aux Lettres". Je les avais adorés dans "Le jeu de l'amour et du hasard" au théâtre Michel l'année dernière. Malheureusement, c'était en plein été et je n'avais pas tant eu l'occasion de vous en parler plus en détails ici. 

Le spectacle se construit autour de sept courtes pièces de Courteline, les acteurs ne quittent jamais la scène, changeant de peau devant nous dans des murmures de conversations puis deviennent spectateurs, sagement assis sur les côtés en attendant leur tour. Mes préférées : "Monsieur Badin" où un employé tente d'expliquer son absentéisme à son patron et retourne la situation, joué et chanté (parce qu'il y a quelques chansons dedans dont la fameuse "Les nuits d'une demoiselle") par Etienne Launay (je m'amuse à rouspéter "mes mollets sont minces comme des bougies" depuis) face à Philippe Perrussel , "La peur des coups" : un mari jure de se venger du crush de sa femme sans rien en faire, intensément interprétés par Salomé Villiers et Pierre Hélie puis "Gros chagrins", une femme découvre que son mari la trompe et vient se confier à son amie, toutes deux se laissant porter hystériquement dans la liste de leurs petits désespoirs, duo rigolo entre Salomé Villiers à nouveau et Isabelle de Botton. A ne pas louper !


"Le Monte-plats" de Harold Pinter 
mis en scène par Etienne Launay
au Lucernaire
du mardi au samedi à 18h30
et le dimanche à 15h
jusqu'au 20 mai 2018


"Dans un sous-sol, deux tueurs à gage, Gus et Ben, attendent leur prochain "contrat". Ben lit le journal et Gus cherche à faire du thé. Le temps passe, provoquant ennui, impatience et pour finir tensions entre les deux compères. Soudain une enveloppe glisse sous la porte, un monte-plats se met en branle. C'est le début d'une série d'événements étranges et angoissants. Sont-ils observés ? Par qui ? Pourquoi ? Qui donne les ordres ? Avec cynisme et humour noir, Pinter dépeint dans Le Monte-Plats, une société asservie qui obéit aux ordres, aussi absurdes soient-ils. Et si cette société décrite n'était pas aussi un peu la notre..."

Toujours au Lucernaire, toujours avec la touche magique de "La Boite aux Lettres" puisque mis en scène par Etienne Launay (encore lui !) avec cette pièce de Pinter : le "Monte-plats". C'est loin d'être mon texte favori de l'auteur mais ça valait le coup pour une raison toute bête : la mise en scène. Est-ce qu'on pourrait la qualifier en miroir ? Ben et Gus ont chacun un double sur la scène coupée en deux, quand l'un disparaît derrière le rideau à droite, il réapparaît dans l'autre dimension à gauche joué par quelqu'un d'autre. C'était si bien chronométré que je ne pouvais m'empêcher de penser au travail que cela avait dû demandé. Le seul point négatif, c'est qu'on a forcément tendance à les comparer et préférer un Gus et un Ben à l'autre, par exemple j'étais bien plus touchée par l'interprétation de Bob Levasseur et Mathias Minne que j'en étais parfois frustrée de les voir sortir de scène pour passer à l'autre duo joué par Benjamin Kühn et Simon Larvaron. D'ailleurs, Etienne Launay en Gus aurait été parfait ! Il n'empêche que cette tactique donne du rythme à leur déambulations, cela appuie encore plus le fait qu'il tourne en rond, sans échappatoire. Vu qu'ils attendent, on attend avec eux et ça peut par conséquent paraître long. Ici, c'est justement moins le cas car notre attention reste tendue par les allers-retours des acteurs. Leurs discussions sont absurdes, restent en suspens sans justification, chaque événement est aussi incompréhensible pour eux que pour nous, les spectateurs, jusqu'à la fin fatale (no spoiler) qui parait couru d'avance après coup et qui permet de remonter le temps, remettre du sens à chacun de leurs comportements une fois qu'on a cette clé en main. Ce ne sera sûrement pas au goût de tout le monde mais ça vaut un petit détour.


"L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine" d'après Ruwen Ogien
mis en scène par Eric Bu et Hervé Dubourjal
au théâtre de La Reine Blanche
(terminé)

"Vous trouverez dans ce spectacle des histoires de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, de criminels invisibles, de machines à donner du plaisir, de tramways fous, de poissons d'élevage heureux, de races entières d'animaux qui disparaissent parce qu'on les aime beaucoup.  
Vous y verrez des expériences qui montrent qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres qui prouvent qu'il en faut encore moins pour se comporter comme un saint : une pièce de monnaie trouvée dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant...  
Vous serez le troisième personnage, qui s'exprime, peut interrompre la représentation, est dans la représentation. 
Invitation à penser la morale librement, ce spectacle allie sérieux et drôlerie, parce qu'il y a toujours des raisons de rire, et là, elles sont bonnes et nombreuses !"



Comment ne pas être curieuse face à un titre aussi intriguant ? C'était la première fois que j'allais voir du théâtre participatif, dans le sens où à l'entrée, on nous a fourni un papier et un crayon, sans explication. Quand le spectacle démarre, on comprend tout de suite pourquoi. Le public existe, les acteurs Jean-Louis Cassarino et Hervé Dubourjal nous parlent, nous demandent notre avis tout le long de la pièce. Le thème en quelques mots : "Le dilemme du tramway" si vous connaissez le principe. Personnellement, comme je venais de terminer la série The Good Place, j'étais au point en terme de question éthique à cause du personnage de Chidi Anagonye. 

Tout tourne autour de la question morale donc à travers de multiples exemples et situations différentes où on doit choisir quelle action entre tuer un chien pour sauver dix humains ou tuer un innocent pour sauver cinq patients avec ses organes on choisirait. Le public participe (moi pas, je déteste ça), c'est rigolo de voir ce que disent les autres, comment ils s'impliquent émotionnellement et j'étais assez surprise d'observer qu'en dehors de l'effet drôle de se poser des questions hors de toute réalité, chacun exprimait vivement et défendait sa propre morale coûte que coûte, ça leur tenait à cœur. Certains sujets un peu "touchy" ont même été abordés sans réel but par ailleurs : le végétarisme, le féminisme, l'inceste mais dans la totalité, même si c'était assez divertissant, une fois qu'on a compris le principe, ça devenait vite ennuyeux. Je commençais à fatiguer au bout du dixième exemple, ça partait un peu dans tous les sens surtout que les réponses du public pouvaient être paradoxales et un peu bêtes dans certaines situations (ceci dit, j'imagine que ce devait être différent à chaque fois vu que le public n'est jamais le même). Pas de conclusion de la part des acteurs, mis à part cette question restée un peu en l'air, d'où vient la morale et pourquoi l'être, moral ? En dehors de ça, la scénographie était top avec les projections sur tableaux blancs, très pédagogue et j'imagine que quand on ne connait pas ce type de dilemmes, on doit en ressortir la tête à l'envers.


"Trudi 1933 présent composé" de Véronique Bret
mis en scène par Denise Namura et Michael Bugdahn
à l'Espace Bertin Poirée
(terminé)

"Cette création interroge l'héritage, la transmission, la mémoire de nos ancêtres. Qu'en reste-t'il ?
La danseuse se confronte aux fantômes de sa grand-mère Trudi, actrice berlinoise qui a fui l'Allemagne nazie en 1933 et de sa mère Lolita, photographe ayant vécu dans l'ombre d'une mère vedette.
Ces personnalités ne font plus qu'un à travers le corps de la danseuse, imprégnée à vie de l'histoire des ces aïeules. Le processus de création lui permettra de s'affranchir et de trouver sa voie, sa voix."

Je ne vais pas réussir à parler de ce spectacle de manière concrète parce que j'étais dans un tel état d'émotion du début à la fin que même en tapant ces lignes, le souvenir me donne les larmes aux yeux. Je pense que ma relation conflictuelle avec mes parents a provoqué cette sensibilité au discours de Véronique Bret, qu'elle a dit des choses que j'aurai sûrement envie de leur dire pareillement et la résonance en moi était si intense que j'en suis sortie complètement déboussolée. Qui plus est, son jeu passant d'une personne à l'autre, comme une schizophrène, possédée par ses ancêtres, était subjuguant et les passages dansés d'une telle force. Voyez, je ne sais qu'en dire correctement. Je me suis prise la pièce de plein fouet et mis à part le vieux monsieur qui s'endormait sur moi à ma gauche, je n'ai rien à pointer du doigt.


EXPOSITIONS


"Chagall, Lisstzky, Malevitch, l'avant-garde russe à Vitebsk"
au Centre Pompidou
jusqu'au 16 juillet 2018

C'était la première fois que j'étais invitée à une visite presse au Centre Pompidou, en toute honnêteté, j'étais si heureuse d'avoir l'occasion de découvrir cette exposition, accompagnée des commentaires de la commissaire Angela Lampe dans ce lieu si mythique ! Qu'importe la pluie !


Si je visualisais déjà très partiellement les oeuvres de Chagall, j'étais loin de connaître quoi que ce soit à l'art suprématiste qui a découlé de son école éphémère, aussi surprenant cela peut-il être en comparaison avec son travail personnel. 

L'exposition retrace la naissance de l'école à Vitebsk, l'idéologie OUNOVIS constituée des disciples de Malévitch (dont le questionnaire pour être admis demande "es-tu prêt à te battre pour la réalisation d'une vérité ?") et met en avant aussi le travail des élèves, souvent de milieux populaires comme des différents professeurs qui pour la plupart donnaient des cours assez classiques, les styles étant parfois très éloignés les uns des autres. On passe donc d'une pièce aux tableaux figuratifs, individualistes à l'univers radical des Proun nombreux de Lissitzky (dont j'avais déjà découvert certaines pièces à Berlinsans prévenir.  Si je trouve la concurrence entre Malévitch et Chagall (qui a amené son départ de l'école en 1920 si on ose dire) amusante, le fil de l'exposition met surtout en avant l'apparition d'un art nouveau qui dépasse Chagall tout compte fait. Bien sûr, il faut aimer l'abstrait, ce que l'affiche de communication de l'exposition ne laisse pas forcément prévoir je trouve. Il y a beaucoup d'oeuvres qu'on ne peut pas prendre en photo, voici donc ma toute petite sélection postées sur Instagram au moment de la visite.


"Au lieu de ce monde" de Maia Flore
à la Galerie Esther Woerdehoff
jusqu'au 5 mai 2018

"Pour cette nouvelle exposition, présentée dans le cadre du Festival Circulation(s), Maia Flore présente des situations qui racontent sa poursuite superbe et sans fin du moment absolu, celui où tous les éléments d’un espace s’équilibrent pour faire ressentir un frisson de quelques secondes, qui s’évapore ensuite. Il faut alors recommencer. Ces photographies sont des quêtes, des processus nourris par l’itinérance de l’artiste, et qui réussissent à faire sortir la photographie du cadre, en ajoutant à la prise de vue un travail de collage et d’assemblage de matériaux. Avec ces recherches récentes, Maia Flore explore encore plus loin la relation entre le corps et l’espace, et nous transmet avec ses images les sensations qu’elle a elle-même ressenti : une chute, le souffle du vent, le froid d’un morceau de glace, et enfin, le soulagement d’avoir échappé pour quelques instant aux règles de l’espace et du temps."


Sans objectivité aucune et ce de manière complètement assumée, si vous passez dans le 15ème, il faut à tout prix que vous passiez voir les photos de Maïa. Parce qu'elle est si douée, si fine et que son travail transporte dans un espace-temps, juste à côté de nous, à portée de main mais qu'elle semble être la seule à voir. Et parce que c'est "trop ma copine", un point c'est tout. 


Team Florettes !