6 mai 2016

A la rencontre de...Benjamin Biolay



La semaine dernière, j'ai rencontré Benjamin Biolay.


C'est de prime abord légèrement complexe pour moi de vous parler de cette rencontre incongrue que j'ai vécu, sans visuels d'autant plus, pour nourrir mon compte-rendu. Que du texte, comme avant.

Je me suis donc retrouvée, moi et ma nouvelle coupe au carré, assise sur un tabouret haut, les pieds dans le vide, à boire du vin argentin avec en face de moi le grand Benjamin. A ma droite et à ma gauche, deux autres blogueuses, on n'est pas plus de 6 invitées. L'ambiance se veut intime, décontractée. Monsieur Biolay n'arrive pas comme un grand seigneur dans son costume rayé une fois que tout le monde est installé, non il est déjà là et nous accueille une à une.

Je commence à avoir l'habitude de rencontrer des artistes musique dans différentes situations, pourtant je n'avais encore jamais vécu une expérience similaire à celle-ci. Le moment est informel, tout le monde au même niveau, j'ai l'impression d'être venue rejoindre des connaissances après le boulot pour déguster une pizza à la cool au restaurant Volver. La discussion est menée par Biolay, elle tourne autour de choses simples. Bien sûr, il nous parle de l'Argentine avec amour et expertise pendant que les empanadillas nourrissent notre imagination. Il y a écrit son nouvel album "Palermo Hollywood", s'inspirant de la personnalité musicale du pays dont chaque chanson en dévoile ses morceaux singuliers (et dont mon titre préféré n'est autre que "Miss Miss") On parle aussi de la qualité pauvre des programmes à la télé, des prochains concerts à venir de musiciens qu'on aime, du prix des appartements à Paris, en somme de sujets très divers et variés. Je n'ose même pas lui poser de questions en particulier et laisse couler le hasard des mots et des interactions. L'album, on l'aborde à peine en soi et pourtant, il est là, il sonne dans mes oreilles à chaque fois que la voix si singulière de Mr Biolay s'exprime. Parfois il me fait rire, il ne mâche pas ses mots, pas de discours politiquement correct au programme. Je suis à la fois impressionnée et étrangement à l'aise alors que la musique française et moi, c'est une histoire qui n'a jamais vraiment pris pieds. De Biolay, je connaissais très peu de titres. Je suis donc venue au rdv sans attentes, sans pré-avis. Souvent, je préfère même partir à la rencontre d'artistes que je connais à peine parce que j'ai à ce moment là tout à découvrir d'eux. 

La liqueur vient égayer plus encore l'esprit de ce repas-rencontre musical sans fausses notes. D'une certaine manière, j'ai l'impression que je ne me rends pas très compte de ce que je vis, tout est d'un naturel extraordinaire, loin d'être feinté d'une quelconque manière. On sort fumer, on rentre croquer la mozzarella à la truffe, on rigole de la gène de Biolay quand il voit sa tête en immense sur les écrans en live, le rythme est bon, ni trop soutenu, ni trop mou. Je suis réveillée de cette "normalité" par le moment dit officiel de ce casse-croûte exceptionnel, c'est l'heure des dédicaces et des poses photos souvenirs. Cela replace pendant une micro seconde chacun à sa place, Benjamin Biolay dans son rôle d'artiste et nous comme invitées "presse". Je lui demande de me dessiner un lapin sur le mien. Sans raison aucune, juste parce que c'est la première chose qui m'a traversé l'esprit.


Comme vous le savez, j'adore faire des Dubsmash avec les musiciens que je rencontre. Pourtant, ce soir là, j'ai un doute. Je ne suis pas très sûr qu'il accepte, peur qu'il me prenne pour un bébé fou mais une fois ma recherche faite sur l'application, l'un des extraits est de "Brandt Rhapsodie" et parle de pizza, pizza qui comme il me l'a appris plus tôt est bien plus présente en Argentine que dans n'importe quel autre pays du monde et dont je n'ai pas arrêté de me gaver toute la soirée. C'est trop beau, c'est trop gros pour ne pas tenter. Je me renseigne via l'organisatrice au cas où, elle est aussi mitigée. Pourtant, c'est sous l'impulsion de Perrine, ma copilote de la soirée, qui scande "Typhaine a une demande un peu spéciale !" que je saute de mon tabouret, contourne la table qui nous sépare, m'approche minuscule de lui et demande s'il connait Dubsmash. La réponse est (à mon grand étonnement je l'avoue) affirmative. On sort dehors et après quelques cigarettes, c'est le moment de lip sync. En général, je garde toujours la première version parce que c'est la plus spontanée bien qu'imparfaite, comme ici. Ce Dubsmash me fait beaucoup rire, il a un côté un peu absurde, on entendait à peine le son d'où nos têtes ahuries et je trouve qu'il illustre très bien le ton de cette rencontre improbable, bien plus qu'une photo posée au final. 


Il se fait tard, chacune part au compte-gouttes, Mr Biolay n'a pas l'air pressé. Pas de départs en grande envolée dès 22h, non, il prend le temps, il a l'air de passer un bon moment. Je fais partie des dernières. Au moment de se séparer, c'est en nous agrippant les épaules avec force et détermination qu'il nous fait la bise.

Je rentre chez moi avec un léger sourire avant de réaliser, paniquée, que je ne sais comment je pourrais partager avec vous ce instant humain. A la base, j'avais eu l'idée de vloguer la rencontre, ce qui m'a été refusé et je me rends compte maintenant à quel point c'était bien mieux comme ça. Je n'ai même aucune conclusion spécifique à donner à ce passage argentin sous la pluie de Paris. C'était cool, la nourriture était cool, l'ambiance était cool et surtout : Mr Biolay était cool.

7 commentaires:

  1. *Meurs de jalousie*.
    Oh lalala quelle chance tu as eu ! Ca a avait l'air tellement chouette ! J'aime tellement tout ce que fait cet artiste depuis des années. Je trouve que c'est un des rares artistes qui fait et puisse faire de jolies choses de qualité en chanson française ... En tout cas quoiqu'il en soit, ton article est très bien et perso n'étant vraiment pas fan des vlogs, je trouve que c'est très bien un récit écrit ^^.

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  2. Que dire à part que ça avait l'air cool !!! Une belle rencontre qui te donnera peut-être envie de te pencher un peu plus sur ses textes et ses chansons. J'en connais pleins qui aurait donné beaucoup pour être assises les pieds dans le vide face à Biolay ;-) (ton texte à toi est bien écrit).
    Bises

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  3. Ah biolay! J' adore sa musique! ♥ Quelle chance tu as eu! ♥

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  4. Le choix des mots laisse transparaître une simplicité émotionnelle, qui n'en est pas moins forte.
    Bravo pour ce texte (trop) court.

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  5. Terrible !
    J'en connais une qui va être terriblement jalouse... Je vais m'empresser de lui montrer ça :-p

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