3 avr. 2017

CULTURE | Les Misérables, Le Horla, Blumenfeld, Virginia Woolf...


J'annonce : je suis nulle. Je démarre ce nouvel article avec un spectacle qui a eu lieu pendant le mois de mars et qui a fini sa tournée à l'heure à laquelle j'en parle. Si vous me suivez sur instagram, vous avez sûrement découvert "Les Misérables en concert" en temps et en heure lorsque j'en visitais les coulisses au Palais des Congrès. Pour les autres, cette recommandation n'est plus à voir mais mérite tout de même que je revienne dessus !


Les Misérables en concert
fini

"Les Misérables en concert" n'était pas tout à fait une comédie musicale dans les termes de celle très connue qui existe déjà et qui continue d'être jouée à Londres. La mise en scène était fixe de part les micros sur pieds laissant les entrées, sorties et jeux de lumières rythmer le spectacle chanté dans un registre lyrique en français (bien sûr). C'est évidemment l'histoire du roman de Victor Hugo, dont les différents évènements importants sont rappelés en début et après l'entracte par Christian Decamps qui incarne l'écrivain lui-même (au cas où on ne connaisse pas du tout l'histoire je suppose). Tout y est : la fin tragique de Fantine, la révolution sanglante, les différents amoureux, tout cela de manière assez accélérée dans un sens et à travers des chansons qualitatives composées par Claude-Michel Schönberg.


J'ai eu la chance de rencontrer quelques chanteurs de la distribution dont Ita Griffin (Fantine), June Van der Esch (Cosette) ainsi que Pierre Michel Dudan (Javert) et chose rare dans le métier, la très drôle et énergique femme chef d'orchestre Alexandra Cravero.

Ce que j'ai appris en particulier, c'est que la plupart ont passé une audition sans connaitre le projet final, que June Van der Esch est diplômée de l'AICOM (école dans laquelle j'ai commencé des cours de comédie musicale cette année) et que si un(e) chef d'orchestre fatigue, tous les musiciens suivent la cadence, même ralentie.


Pour en voir un peu plus, une vidéo chichement montée avec les quelques extraits vidéos médiocres que j'ai capturé des interviews (je n'avais plus de place dans mon téléphone, bravo Typhaine...) On voit que "La mélodie du bonheur" a influencé beaucoup de gens pour faire ce métier tiens !



La représentation à laquelle j'ai assistée était très bien. J'ai observé de manière presque chirurgicale chaque chanteur, leurs gorges qui tremblaient lors des vibratos en particulier (moi et mes lubies techniques). Mon personnage préféré en chant comme dans l'interprétation était de loin l'inspecteur Javert. La séquence de son suicide était si forte que j'en avais les larmes aux yeux. Bien que je souhaite aussi noter que Christina Koubbi et Ronan Debois dans les rôles des Thénardier étaient fort amusants, tout le comique du spectacle était concentré en eux et c'était très réussi ! Après, en toute honnêteté, parfois mon esprit divaguait et j'étais bien plus fascinée par les musiciens et les mouvements de bras de la chef d'orchestre qu'autre chose, le côté statique m'ennuyant un peu au bout d'un certain temps.

"Le Horla" de Maupassant
au Théâtre Michel
les mardi et mercredi à 19h
jusqu'au 6 mai 2017

De retour au théâtre Michel pour une nouvelle pièce inspirée de la nouvelle de Maupassant : Le Horla. J'en profite pour vous annoncer que "La peur" vu plus tôt a été prolongée (à vrai dire, la plupart des spectacles que je vous ai conseillé en décembre le sont, checkez les nouvelles dates) Je me répète mais il faut aller la voir !

"Un homme semble sombrer peu à peu dans la schizophrénie, persuadé qu’un être invisible vit près de lui et se nourrit de sa vie pendant son sommeil. Est-il victime d’hallucinations, devient-il fou, ou bien est-il la première victime d’un être surnaturel apparu sur Terre pour faire de l’Homme son esclave et prendre sa place ? À travers son journal intime, on rencontre cet homme qui paraît sain d’esprit, on découvre les différents phénomènes auxquels il est confronté, on suit ses réflexions sur le fonctionnement de nos sens, on est suspendu pendant plus d’une heure à son destin, jusqu’à en découvrir l’issue…"


Joué par Florent Aumaitre, seul sur scène, ce long monologue qui devient de plus en plus fou était fascinant à voir (n'en déplaise à mes voisins qui se sont endormis devant). Étant le jour-même malade, mon mal de tête lancinant me faisait complètement divaguer avec le comédien dont la performance m'a bluffée. Je lui ai piqué pas mal de tricks pour jouer moi-même un monologue dans ma représentation de théâtre du deuxième trimestre (le regard au loin en particulier quand on décrit quelqu'un comme si on le voyait juste devant nous). Tenir plus d'une heure, juste accompagné d'une chaise, c'est un réel exploit. Il y avait des moments de creux forcément mais dans l'ensemble, je me suis vachement moins perdue devant le Horla que devant Josiane Balasko dans La Femme Rompue au théâtre des Bouffes du Nord !



Exposition STUDIO BLUMENFELD NEW YORK, 1941-1960
à la Cité de la Mode et du Design
jusqu'au 4 juin 2017

On sort du milieu du spectacle direction une expo photo. Celle-ci concerne le photographe Blumenfeld exposé à la Cité de la mode et du design. Le travail mis en avant ne concerne que ses photos de mode en couleur laissant un peu de côté ses tirages en noir et blanc plus personnels.


Encore une fois, j'ai eu la chance d'être amenée à rentrer dans l'univers du photographe avec des commissaires de renom dont Nadia Blumenfeld-Charbit, sa petite fille ! Il est assez drôle de voir comment à cette époque la production des shootings mode se construisait presque uniquement à travers les relations fortes du photographe avec les modèles, les muses, la création d'image étant encore choisie de A à Z par le photographe lui-même quand aujourd'hui tout est implosé avec des décisionnaires de plus en plus nombreux dans le milieu (dont ces "art directors" que monsieur s'amusait à renommer "ass directors" déjà à l'époque). Ce qui m'amène d'ailleurs à tomber très rarement fan des photographes de mode de la nouvelle génération, souvent bien trop briefés en amont par d'autres qu'on ne sait plus ce qui vient d'eux résolument dans l'image finale.


Les couleurs sont fabuleuses, les cadrages aussi épurés qu'en peinture et j'ai bien aimé comment Blumenfeld à travers des filtres multiples visibles à l'image, tenant à distance le modèle des yeux du public, rappelait constamment que la photographie n'est qu'une photographie et bien jamais le réel. A une époque où on prend la moindre image comme argent comptant, c'est important de le rappeler. C'est aussi intéressant de voir que chaque prise de vue était pensée pour la mise en page des couvertures de magazines si graphiques et belles à l'époque (quand maintenant les titres mangent la moitié des photos qu'on se demande si celles-ci servent encore à quelque chose).

Bref, vous l'avez compris, cette exposition rend nostalgique d'une ère photographique toute autre !



La Belle et La Bête
en salles

Comble de l'horreur, j'ai loupé la projection de La Belle et la Bête, le nouveau film Disney lors de la première à Paris avec les acteurs (dont Emma Watson, je meurs). Tant pis, je l'ai vu plus tard dans le chouette cinéma Pathé de Beaugrenelle (le sound system était assez dingue). Bien sûr, j'ai adoré ! Quand on aime la comédie musicale, ce type de films est un rêve d'enfant qui devient réalité. Je veux bien qu'ils fassent tous les dessins animés comme ça dans les années à venir, s'il vous plait (à la place des Marvel). Anastasia en premier (même si ce n'est pas une production Disney). Le rôle de Gaston est très bon, j'ai adoré la mise en scène très broadway de la chanson "Be Our Guest" et même si Emma Watson n'est pas une chanteuse en soi, sa performance convient (bien que ma prof de chant dit qu'elle est autotunée à mort, soit).


Ce n'est pas à voir mais à lire : ces dernières semaines j'étais plongée dans les œuvres de Virginia Woolf. Empruntant la Pléiade Tome 1 à son nom à la bibliothèque, j'ai lu ses premiers romans (La Traversée, Nuit et jour, La chambre de Jacob et quelques nouvelles) avant d'acheter Mrs Dalloway et Une chambre à soi. J'ai adoré ! L'impression de me retrouver dans absolument tous ses personnages et de me sentir par conséquent d'autant plus proche d'elle, un petit bijou classique qu'il était bien temps que je lise !


PEONIES, café et fleurs
81 Rue du Faubourg Saint-Denis 75010 Paris

Et pour finir, une recommandation de café. Je prends très rarement le temps de vous partager mes bonnes adresses mais j'ai découvert Peonies, ouvert par Clémentine Levy (une connaissance de longue date) et j'en suis tombée folle amoureuse. C'est petit et fleuri, tout est excellent à manger, frais. Cet été, ce sera d'autant plus agréable de se poser avec un café sur le banc de la devanture au soleil. Passez lui faire un coucou !

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