4 sept. 2017

CULTURE | Pour l'amour de Simone, Carson Mccullers et Bolshoi...


C'est la rentrée et pour l'occasion, j'ai deux trois livres et une pièce de théâtre à vous conseiller ! Je vais essayer cette année de me tenir à cette rubrique ! Cet été, j'aurai aimé vous parler des pièces "Renata" ou encore de "L’écume des jours" mais vacances oblige, j'ai loupé le coche (et à l'inverse de ce que j'avais déjà fait pour Les Misérables, ça me parait bête de vous en parler si c'est déjà terminé).


"Pour l'amour de Simone" d'Anne-Marie Philipe
au Lucernaire
du mardi au samedi à 18h30
et le dimanche à 15h
jusqu'au 15 octobre 2017

En tout premier et parce que cela faisait longtemps que je l'attendais, la pièce "Pour l'amour de Simone !" Vous avez sûrement dû en entendre parler principalement à cause de la polémique qui a entouré l'affiche. Comme toujours, le corps de la femme comme objet publicitaire, cela ne dérange personne. Par contre, il suffit que celle-ci reprenne ses droits et s'affiche d'elle-même pour que cela pose problème... Ceci ajouté à mon amour inconditionnel pour notre chère Simone, j'étais plus que ravie de me retrouver dans la salle du Lucernaire pour la première.

"Simone de Beauvoir, l'auteure visionnaire du Deuxième sexe, avait passé un pacte avec Jean-Paul Sartre : leur amour était nécessaire, mais il leur fallait vivre aussi, à côté, des amours contingentes. Elle rencontra Jacques-Laurent Bost et, aux Etats-Unis, Nelson Algren, qui fut sa passion charnelle. A ces trois hommes, elle a écrit des lettres ardentes et crues que trois comédiennes et un comédien interprètent sur scène. Ensemble, ils font revivre une des plus belles aventures intellectuelles et sentimentales du siècle dernier."


Mon avis risque de ne pas être objectif car chaque aspect de la vie de Beauvoir me touche, c'est un fait, je l'ai adoptée comme mère spirituelle. Sa relation avec Sartre est mon exemple amoureux depuis des siècles et même si je ne gère pas tout à fait les choses comme eux, leurs amours contingentes correspondent plus ou moins à mes relations affectives personnelles. Plonger dans cette intimité littéraire à travers des lectures parfois sobres de leurs lettres finement choisies contenant quelques élans de drôlerie et de passion m'a vraiment plu. La mise en scène bien qu'assez statique est très bien travaillée, les lumières sont belles et j'ai trouvé assez amusant le va et vient des lunettes de vue et de la pipe d'Alexandre Laval (seul acteur masculin) pour représenter les différents personnages masculins, tous iconiques, qui oblige à rester attentif. Mon interprétation préférée des trois Simone reste celle d'Anne-Marie Philipe qui nous conte et personnifie entre deux rires la personnalité plus ironique du Castor. Et si la pièce a avivé votre curiosité, vous pourrez retrouver à la sortie dans l'espace librairie l'intégrale de leurs échanges. Un jour, peut-être, je les parcourrais toutes !




J'ai énormément lu pendant le mois d'août, tentant de rattraper le plus possible ma liste de lecture qui s'allonge. Celle que je voulais à tout prix dévorer, c'est Carson McCullers. J'avais repéré ici et là dans la presse (à l'occasion de la très belle réédition à venir de ces romans) quelques extraits et ils m'avaient attirée. J'ai commencé avec son premier Le Coeur est un chasseur solitaire (écrit au début de sa vingtaine) afin de me familiariser avec sa plume. Assez ravie, je me suis jetée sur Frankie Addams (qui a inspiré le film L'Effrontée avec Charlotte Gainsbourg jeune, mythique) et L'Horloge sans aiguilles, mon préféré je crois (rien que le titre me rappelle cette petite montre collier sans aiguilles que je portais adolescente autour du cou). Je ne saurai comment décrire son écriture mais j'y aime sa façon brut de décoffrage d'aborder la condition noire de l'époque (on est dans les années 1950 aux Etats-Unis) à travers des personnages très variés, exposant les préjudices violents que chacun vit en silence, dans leur coin et l'arrivée de la mort, partout, tout le temps qui s'expose sans préavis, sans états d'âme particuliers. Par la suite, je me suis renseignée sur elle (j'ai bien aimé cet article) et tout, même dans ses portraits ont confirmé la proximité que je ressentais déjà dans son écriture. Je la place directement dans mon panthéon avec Simone de Beauvoir et Virginia Woolf, ces femmes que j'admire et dont le travail tisse ses fils dans mon cœur. Foncez !


En photo plus haut, une petite note sur Le Sang des autres. Je n'ai lu que L'invitée des romans du Castor (alors que j'ai happé tout le reste). C'est assez étrange de les découvrir après avoir lu ses autobiographies, on y retrouve tant de ses aventures personnelles dedans. Ce livre m'a marqué de par cette question qui peut nous tarauder avec les autres : doit-on agir vis à vis d'eux ? Et quand on n'agit pas, n'est-ce pas agir tout de même ? Une réflexion facile d'accès à travers chaque personnage et bien sûr : le début de la seconde guerre mondiale dans les récits que je lis me laisse toujours un peu quoite. J'ai chaque fois un petit frisson à l'idée qu'on est dans une période similaire avec Trump et les événements nazis récents qui me font pleurer d'angoisse.


Exposition Bolshoi de Vincent Pérez
au Royal Monceau
jusqu'au 17 septembre 2017

Pour finir sur une petite touche de beauté, j'ai été au vernissage de cette exposition illustrant en noir et blanc les danseurs du ballet russe. Une immersion dans les coulisses capturées par l'acteur Vincent Pérez qui, bien que les prises de vue soient très classiques dans le genre, a su mettre en avant la tension des corps.

Le Royal Monceau accueille des artistes divers dans leurs galeries toutes les trois semaines, chose que je ne savais pas. C'est gratuit et ouvert à tous, pensez-y si vous êtes dans le coin (bien que traîner dans les palaces ne soient pas en soi une activité de tous les jours).


Mes prises de vue préférées concernaient les détails de pieds et mains ; plus intéressant dans un sens pour exprimer la danse, surtout le ballet.


PS : J'ai décidé de poster tous les livres que je lis au quotidien dans ma story Instagram, n'hésitez pas à me suivre là-bas parce que je ne reviendrais pas sur tous :)

4 commentaires:

  1. Merci beaucoup pour ce partage ! Je suis toujours en quête de nouvelles lectures, et parfois je ne sais vraiment vers qui ou quoi me tourner, ce type d'article est vraiment plaisant et j'apprécie ta manière de présenter tes lectures/expos... Et tu m'as totalement convaincue de lire Carson McCullers, que je ne connaissais pas, je l'ajoute à ma liste !

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    1. Ah super ! J'espère que ça te plaira ! ♥

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  2. Merci beaucoup pour cet article ♥

    J'aimerais beaucoup voir la pièce sur Simone de Beauvoir, c'est si frustrant de ne pas habiter à Paris quelquefois...
    D'ailleurs, puisque tu aimes son oeuvre, je te conseille du fond du cœur son roman (publié en deux parties) Les Mandarins. C'est semi-autobiographique et il y a tout dedans, son engagement politique, ses idées, son couple... J'ai lu pas mal de ses livres mais c'est sans hésitations mon favori.

    D'ailleurs je note les romans de Carson McCullers que tu conseilles, je n'avais lu que Le cœur est un chasseur solitaire et il m'avait beaucoup ému. Je ne sais pas si tu connais Flannery O'Connor ? J'ai lu La sagesse dans le sang d'elle et ça m'avait beaucoup fait penser au roman de McCullers... alors que les deux autrices se détestaient. Comme quoi !

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    1. Hahaha cette histoire McCullers vs O'Connor m'intrigue particulièrement ! Je note !
      Et effectivement, les Mandarins : dans un sens, je crois que je le gardais pour la fin, je vais m'y attaquer prochainement pour sûr !
      Merci pour ton commentaire !

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