26 sept. 2017

CULTURE | Welcome to Woodstock, Barbara Pravi, M.I.L.K, Ça...


Deux artistes musique, un spectacle, un livre et un film : c'est parti !


Tout d'abord, j'aimerai vous présenter ce joli moineau : Barbara Pravi ! Contrairement à ce qu'on pourrait s'imaginer, je ne l'ai pas découverte dans la comédie musicale "Été 44" mais avec son premier single "Pas Grandir" : ce refrain qui sonne comme une comptine et qui m'est longtemps resté en tête parce qu'il parle autant à notre génération qu'à celle qui arrive. Si vous me suivez sur Twitter, vous savez déjà comme je suis obsédée cette année par le fait de vieillir. Non pas forcément physiquement mais pour tout ce que ça comporte de bagages à trimbaler avec soi. Un jour, on se balade libre comme l'air et au détour d'une date d'anniversaire, voilà qu'on porte sur nos épaules des sacs de plus en plus lourds. Si Barbara est deux ans plus jeune que moi, elle aborde aussi à sa manière le sujet dans ce qu'elle appelle sa "pop à textes" ; les désillusions de l'entrée dans l'age dit adulte et celles qu'elle a rencontrées dans le milieu de la musique en tant que jeune femme. Elle a secoué l'ensemble et décidé de ne pas se laisser faire, d'écrire des chansons personnelles qui la représentent, elle, sa famille (son grand-père en particulier à qui elle dédit son nouveau titre "Deda" sorti il y a peu mais aussi sa grand-mère), ses souvenirs... J'ai hâte d'entendre la suite !


Même si je n'avais pas prévu de poster l'enregistrement de notre échange (d'où le son ambiant bruyant), j'aime tellement son bagout à l'oral que je trouve dommage d'uniquement retranscrire à l'écrit ses propos dont sa colère contre ce que subissent les femmes et son excitation à l'orée de cette nouvelle aventure musicale avec ses multiples "personnalités sur la tête" pour l'accompagner. Je vous invite à l'écouter pour comprendre à quoi je fais référence !


Barbara sera en concert sur sept dates au Réservoir: le 11, 18 et 25 octobre, le 8, 15, 22 et 29 novembre ainsi qu'en première partie de Florent Pagny dès décembre. Suivez sa "drôle de frimousse" sur Instagram.


Autre rencontre musicale : M.I.L.K qui était en concert le soir-même aux Bains (malheureusement je n'étais pas libre pour y assister). Danois, il a vécu un peu à Paris et voyager ici et là pour écrire ses chansons, activité qui suit celle qu'il occupait auparavant comme réalisateur de documentaires (dont il me parle longuement en sirotant son cocktail à travers un reportage qu'il a fait sur une jeune chinoise brillante qui a abandonnée contre toute attente ces études pour devenir musicienne). Sa musique est douce comme du petit lait (ce qui a aussi inspiré le nom de son groupe) et son EP "A memory of a memory of a postcard" rend de bonne humeur, ça rappelle même Empire Of The Sun pour vous donner un aperçu du ton. C'est léger tout en gardant les pieds sur terre. Emil Wilk m'apprends d'ailleurs que même si ça lui arrive d'écrire des chansons tristes, le résultat n'est jamais assez bon à son sens. La musique est arrivée à lui tardivement par le biais d'un ami qui lui a demandé de l'aide pour écrire des paroles et c'est par cet hasard qu'il s'est retrouvé en studio mais c'est bien quand il compose qu'il sent qu'il fait ce qu'il doit faire. "It's more fun to make music, it's like playing video games or something !"  Bien qu'il ait toujours écrit des poèmes, il n'avait jamais fait le lien avec la musique ou envisager cela comme une carrière car il ne se considère pas assez bon dans la pratique d'instruments (et qu'en plus ses parents ont de mauvais goûts musicaux). "So music happened to you then ! "Yeah, it's like a bus just hit me one day !" Ces derniers groupes favoris ?  Leisure, Her et un nouveau projet appelé "Un groupe Français" dont il a écouté la démo d'une chanson qu'il va remixer, il m'assure que ça va être génial.

Pareillement, je n'avais pas dans le projet de partager notre échange (tout en anglais qui plus est) mais si vous êtes curieux, le voici :



"Welcome to Woodstock" de Jean-Marc Ghanassia
au Comedia
du mercredi au samedi à 20h
et le dimanche à 17h
jusqu'au 7 janvier 2018

"Construit autour d’une sélection des plus grandes chansons pop/rock américaines des années 65 à 70, Welcome to Woodstock est un voyage initiatique au pays des hippies, un spectacle hors du commun interprété EN LIVE par 12 artistes musiciens, chanteurs et comédiens. Au lendemain de mai 68, des rêves de révolution encore plein la tête, une bande de copains décide de partir à Woodstock pour assister au plus grand concert de tous les temps. Sur les routes américaines, portés par les chansons des Canned Heat, des Who, des Doors, de Janis Joplin, Bob Dylan, Jefferson Airplane, Jimi Hendrix, et de tous les plus grands artistes de la contre-culture américaine de ces années-là, ils vont découvrir l’amour, le sexe libre, la drogue et vivre l’expérience inoubliable des “premières fois”." 

En toute honnêteté, je suis sortie mitigée de "Welcome to Woodstock". Autant j'ai trouvé qu'entendre en live des chansons qui nous sont à tou.tes connues et chères avait certes un certain cachet, la production capitalise tout de même un peu trop sur cette nostalgie pour nous faire apprécier du début à la fin le show. Le scénario est très "light", on n'est jamais vraiment captivé par l'histoire, les personnages sont assez creux et ça manque terriblement de mise en scène précise ; il y peu de chorégraphies ce qui donne parfois l'impression d'assister à un karaoké géant sur certaines chansons vu qu'il ne se passe tout bonnement rien sur scène et que les comédiens semblent se trémousser un peu au hasard. Soit, le répertoire n'a pas de rythmes très dansants , composé principalement de balades enivrantes de l'époque mais y a comme un couic pour moi. Je me suis bien ennuyée lors de la deuxième partie (mais sûrement pas autant que ma voisine de devant qui regardait des stories snapchat sur son téléphone), d'autant que le final m'est apparu particulièrement plat, sans conclusion. Mais je tiens tout de même à appuyer que le travail des lumières est exceptionnel (le moment étoilé !), le décor travaillé (c'est assez marrant quand on est aux premiers rangs d'être enveloppé par la fumée comme si on était aspiré par la scène), que les musiciens accompagnés du chanteur Yann Destal qui font le lien entre certaines séquences et accompagnent les titres se tient puis enfin que la performance de Magalie Goblet sur Janis Joplin m'a donné des frissons. Il y a aussi une scène de sexualité comprenant de la nudité élégamment gérée mais l'un dans l'autre, vous avez compris : pas de coup de cœur pour moi. Le fait que je ne sois pas culturellement obsédée par cette période historique doit jouer (ça vieillit de plus en plus mal non ?) mais en dehors de ce point de vue personnel, le spectacle reste très inégal. Attendez vous quoi qu'il advienne à entendre vos voisins chantonner (pas toujours très juste) à côté de vous !





Les vacances terminées, mon rythme de lecture est ralenti mais je tenais à vous citer "Le Moulin sur la Floss", deuxième roman de George Eliot et un classique scolaire de la littérature anglaise. Même si l'histoire se termine un peu en queue de poisson (dans l'eau quoi qu'il advienne) suivre Maggie Tulliver lors de son enfance comme fillette hors des conventions (ça m'a ramené à mes huit ans avec une efficacité incroyable) puis lors de la ruine de sa famille et de ses débuts dans la vie adolescente, tatillonnant à droite, à gauche ce qu'elle doit résolument faire d'elle-même, tiraillée par de multiples devoirs était captivant. L'auteur (Mary Ann Evans donc) se permet certains petits commentaires sur les mœurs, sur comment on traite les filles, l'honneur et autres sujets actuels pour l'époque et qui restent très modernes. Ma phrase préférée, que je porte comme un totem depuis que je l'ai lue, est prononcée par le personnage bossu Philip Wackem alors qu'il aborde ses multiples centres d'intérêt : "Je papillonne dans tous les sens mais je ne prends mon envol nulle part." Joliment dit.


Ça
en salles

Et en dernier, il fallait que je vous parle de "Ça" ! J'ai eu la chance d'assister à l'avant première et de m'y faire des copains clowns (qui déambulaient dans la salle pendant la projection). Ayant lu les livres, le film est très fidèle à Stephen King. J'étais surprise de voir à quel point tout ce que j'avais imaginé dans ma tête se transposait si bien à l'écran et comment les souvenirs de cette lecture qui remonte à il y a des années maintenant étaient encore si vifs dans mon esprit (il m'avait tétanisé du haut de mes vingt ans). Les jeunes acteurs sont adorables, ils les ont rendus si drôles dans leurs échanges (en VO tout du moins), l'actrice Sophia Lillis en Bev est magnifique (ça m'embête de citer son physique mais elle a vraiment une gueule d'ange), j'ai beaucoup ri étrangement et si je reproche au film d'utiliser à tort et à travers les "jump scares" (ça ne s'arrête jamais), cela reste proche de l'histoire quoi qu'il advienne où chaque enfant se fait sans cesse traumatiser par Grippe-Sou. Après, il y a certains personnages qui sont un peu traités à la va-vite, notamment Henry Bowers, le "méchant", qui a l'air possédé par le diable sans aucune forme de réalisme psychologique. On sent qu'ils ont sorti le film bien avant Halloween pour ne pas converger avec Stranger Things (on retrouve d'ailleurs Finn Wolfhard dedans en dehors des multiples similarités visuelles) mais si vous cherchez un costume cette année, un petit ciré jaune et un ballon rouge, c'est dans la boite !

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