Social Media

CULTURE | Toxique, Oscar et la dame rose, La sonate à Kreutzer, Le roi Arthur...


On fait un petit, tout petit tour de ce que j'ai vu au théâtre en septembre ? C'est parti !


"Toxique" de Françoise Sagan 
mis en scène par Christine Cuilerier
au Studio Hébertot
le lundi à 19h
et le dimanche à 19h30
jusqu'au 15 octobre 2018

"En avril 1957, Françoise Sagan est victime d’un grave accident de voiture. On lui donna par la suite un succédané de la morphine l'intoxiquant assez pour qu'elle est besoin d'un séjour dans une clinique spécialisée. La comédienne, accompagnée d'un musicien, incarne la jeune Françoise Sagan à travers une adaptation de son journal, Toxique, rédigé lors de sa cure de désintoxication."

Je n'ai personnellement pas lu son journal en amont, découvrant le texte sur scène. Il y a des phrases mythiques qui se sont incrustées en moi assez facilement ("Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre du temps, perdre son temps, vivre à contre-temps.") et le jeu, voguant sur tous les tons de Christine Cuilerier charme dans son humour et parait assez naturel pour imaginer Sagan sous ses traits. Seule sur scène, vaguant du lit à la chaise, enfermée dans sa chambre, on souhaite autant qu'elle la délivrance et c'est avec soulagement qu'on la voit attraper ses chaussures et sortir de scène, enfin, pour reprendre vie dans la réalité.


"Oscar et la dame rose" de Eric-Emmanuel Schmitt
mis en scène par Lucie Muratet
au Comédie Bastille
le jeudi à 21h, vendredi à 19h
et le samedi et le dimanche à 17h
jusqu'au 6 janvier 2019

"Oscar, petit garçon séjournant à l'hôpital, rencontre Mamie-Rose, qui va lui apporter son humour et sa fantaisie. Ils vont passer douze jours ensemble, inoubliables, pleins de personnages drôles et émouvants. Un lien très fort va se nouer entre eux."

Une autre chambre, un autre lit, une autre chaise. Ici, Oscar, dix ans, joué par Pierre Matras attend la mort entre quatre murs. Malade, rongé par une leucémie qui résiste à tout traitements, il passera ces derniers jours à imaginer chaque journée comme durant dix ans, vivant une vie accélérée assez commune pour combattre innocemment le point final précoce à la sienne. Il parle à Dieu, à nous, son public invisible et silencieux et les moments de tension, de colère face à cette injustice rattrapés par un humour enfantin nous garde en haleine. "Bisous, Oscar." Va-t-il se réveiller cette fois-ci ? 


La fin était un peu trop larmoyante à mon goût, bien qu'inévitable, j'aurai préféré que ce soit traité autrement que via cette longue tirade existentielle mais qui a certes atteint sa cible, tirant des larmes de crocodile dans la salle entière (j'ai observé avec tendresse mes voisins s'essuyaient les yeux, très chagrinés). En dehors de ça, je dois le reconnaître, on y croit, on oublie qu' Oscar est un homme et que Mamie-Rose n'existe pas sur scène (quel dommage, c'est un sacré personnage, bien qu'illustrée que via les imitations de l'enfant). L'émotion passe, préparez les mouchoirs !


"La sonate à Kreutzer" de Tolstoï 
mis en scène par Goran Susljik
avec Jean-Marc Barr
au Studio Hébertot
du mercredi au samedi à 19h, mardi à 21h
et le dimanche à 17h
jusqu'au 7 octobre 2018

"Le personnage de Pozdnychev, rendu fou de jalousie par la complicité de sa femme avec son professeur de musique, confesse l’avoir assassinée. Il développe, pour justifier son acte, une analyse féroce sur le mariage et les relations de pouvoir au sein du couple qui fera scandale à la parution de la nouvelle."

Grosse déception pour cette pièce et pourtant, il y avait de quoi me plaire ! Tolstoï, Beethoven, de la musique jouée live, j'espérais quelque chose de certes sûrement classique dans la forme mais grandiose ! Pourtant, tout a sonné faux (sauf la sonate et le talent des deux musiciennes au piano et au violon), Jean-Marc Barr m'a paru gauche, absent, la tonalité de ses répliques si répétitives que les éclats de colère paraissaient sortis de nulle part, je n'y crois pas, expulsée brutalement de l'histoire par les multiples bégaiements et rattrapages de l'acteur. Vraiment, sans les moments musicaux, c'était à mon sens une catastrophe ce soir-là, j'étais gênée la plupart du temps et le côté antipathique du personnage d'époque (sexiste, raciste) me tape sur le système et m'énerve plus que de mesure. A moins que je sois tombée sur un mauvais jour, outre les envolées musicales, ce n'était franchement pas terrible et c'est bien dommage.


"Le roi Arthur" de Jean-Philippe Beche 
mis en scène par lui-même
au Théâtre de l’Épée de Bois
le jeudi et vendredi à 20h30, le samedi à 16h et 20h30
et le dimanche à 20h30
jusqu'au 14 octobre 2018

Après une longue journée de travail, je me suis motivée pour partir à l'aventure du côté de Vincennes, direction la Cartoucherie. Quelle belle découverte ! Je ne connaissais pas du tout le lieu et ses multiples théâtres. A la tombée de la nuit, les lampions allumés dans les arbres, les allées de roulottes et l'esprit boisé très Molière du théâtre de l’Épée de Bois et de sa salle glaciale aux murs de pierres m'ont enchanté et tout de suite plongé dans l'ambiance qui convenait pour le spectacle au programme.


"Le Roi Arthur doute : est-il bien l'élu qui saura sauver cette Bretagne déchirée et assiégée ? Camelot, Avalon, Merlin, Excalibur… Ces figures incontournables du folklore celtique ont nourri l'imaginaire de nombreux auteurs au fil des siècles et continuent à faire rêver des générations entières. Amour, haine et passion à la cour du Roi Arthur… Une pièce épique, lyrique, tragique : on ne lutte pas contre la force du destin." 

Certes, je sais déjà l'histoire du roi Arthur et de Camelot en général par cœur (avec une petite sœur qui s'appelle Célyande, ça aurait été dur d'y échapper), j'ai vu des dizaines de films sur le sujet petite mais au théâtre, tiens ? Pourquoi pas ! C'était légèrement surjoué dans certaines scènes, les costumes plus ou moins bien trouvés pour représenter l'époque, (je n'ai pas du tout compris la robe bleue avec sequins de Morgane du début - très bonne dans son rôle par ailleurs - qui détonne complètement de l'ensemble général) mais Merlin m'a réjoui, avec ses kilts écossais et sa manière de nous conter l'histoire, loin de l'image du vieux vieillard à la barbe blanche. On passe les années jusqu'à la mort du roi adoré, abordant l'ensemble de son histoire. La musique qui accompagne était jouée live, touche que j'ai trouvé particulièrement efficace pour se plonger encore plus dans l'univers et comme je ne suis jamais contre quelques combats à l'épée, on peut dire que j'ai savamment dégusté cette pièce pour ce qu'elle était. Un peu kitsch, soit, c'est un genre, il faut aimer mais on sent que les acteurs s'amusent à se transposer dans ce monde magique mythique et ils m'ont personnellement emporté avec, comme si j'étais encore une enfant au petit cœur de dragon.

Be First to Post Comment !
Enregistrer un commentaire