Social Media

CULTURE | Les comédies musicales, Peau d'âne, La Goulue, Pauline Cariou, Out of place...


La culture à Paris a un goût de fantaisie qui m'enchante plus que tout ces jours-ci puisque la capitale met à l'honneur la comédie musicale. Que ce soit via l'exposition de la Philharmonie dédiée au genre presque méconnu en France, les diffusions de ses films les plus mythiques sur grand écran à la Cinémathèque ou encore l'arrivée sur scène de Peau d'âne, cet hiver, on combat le froid avec des paillettes et ce n'est certainement pas pour me déplaire !


"Comédies musicales" 
à la Philharmonie de Paris
jusqu'au 27 janvier 2019

Bien sûr, je ne pouvais pas sainement manquer cette exposition ! Pour une grande fanatique de "musicals" comme j'ai tendance à l'être, j'ai forcément peu appris en déambulant dans la salle où accompagné de son casque, on se branche à de multiples extraits de films projetés sur de petits et grands écrans. Ici, on se concentre uniquement sur la comédie musicale au cinéma, exit les classiques de Broadway ce qui réduit de beaucoup le sujet. Je suis tout de même repartie avec une liste de films à voir, surtout étrangers, découverts grâce à une carte des comédies musicales dans le monde à ne pas louper ! Il y a aussi la possibilité de prendre un rapide cours de claquettes interactif (m'y étant mise depuis peu ailleurs, c'était rigolo de réviser les bases). Mis à part ça et si je peux me permettre une légère critique, j'ai trouvé l'ensemble assez court et peu immersif, j'aurai aimé plus de costumes, plus de backstage !


A l'entrée, des tenues sont à notre disposition pour se déguiser. Ne sont-ils pas magnifiques ces deux là ? Mary et Bert comme compagnons de visite, il n'y a pas mieux. 


Mes préférées ♥


J'en ai aussi profité pour aller voir en ciné-concert Mary Poppins, toujours à la Philharmonie, avec mes camarades de FUTURES. C'était magique et de revoir cet incontournable dans une salle aussi merveilleuse comme d'observer les musiciens s'inséraient en direct dans ce monde "supercalifragilisticexpialidocious" de mon enfance.


Et hop, un petit souvenir !


"Peau d'âne" d'après un film de Jacques Demy 
mis en scène par Emilio Sagi
au Théâtre Marigny
en soirée à 20h
le samedi à 15h et le dimanche à 16h
jusqu'au 17 février 2019

« Prenez de la … /… prenez de la farine
versez dans la … /… versez dans la terrine… »

La confection du cake d’amour par Catherine Deneuve dans le film réalisé par Jacques Demy est une scène délicieuse. Dans le gâteau destiné au prince, Peau d’âne glisse sa bague, indice qui la libérera de sa triste peau.  Car les princesses, qu’elles s’appellent Peau d’âne, La Belle au bois dormant ou Cendrillon finissent toujours dans les bras d’un prince. Obéissantes et sages, elles surmontent (sans broncher) la méchanceté, l’humiliation et la dureté de la vie des pauvres, avant que - grâce notamment aux coups de pouce de marraines bienveillantes - ne s’ouvre le chemin de roses de leur destinée. Peau d’âne fut le plus grand succès public de la carrière de Jacques Demy. Sorti en décembre 1970, le film séduisit le public par le raffinement de la mise en scène, la féérie des décors et des costumes, l’époustouflant casting (Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Delphine Seyrig, Micheline Presle) et les mélodies de Michel Legrand.

Si vous voulez de la paillette, c'est le spectacle à ne pas manquer ! Peau d'âne, d'après le film de Jacques Demy, sur la scène rénovée du théâtre Marigny ; j'y suis d'abord allée car j'offrais la place à une amie pour son anniversaire, n'étant pas moi-même une fan inconditionnelle de ce film en particulier (qu'est-ce que j'aurai aimé qu'il fasse les Demoiselles de Rochefort à la place !), je ne m'attendais à rien de précis. C'était kitsch, assumé, l'histoire toute aussi bizarre que de base mais ah les costumes, cette robe dorée ! Mes yeux brillaient ! Pourquoi nous autres, humains, sommes-nous si émerveillés par le scintillements multiples qui se dégagent de la réflexion de la lumière ? La mise en scène était joliment gérée, la qualité du chant si parfaite qu'on en oubliait presque que c'était bien chanté live et alors ma préféré fut la fée, jouée par l'anglaise Emma Kate Nelson que j'avais déjà vu sur scène dans "Singin' in the rain", elle m'a entraîné dans l'histoire plus qu'aucun autre personnage, son jeu était excellent. J'ai aimé aussi tous les clins d’œil anachroniques, les rollers, la trottinette et bien d'autres que je ne veux pas vous spoiler. C'est un conte de fée tordu, qui se déroule devant nos yeux en chair et en os et c'est jouissif !


"Out of place" joué par Guérassim Dichliev
mis en scène par Edouard Dedessus Lemoutier
au Studio Hébertot
(terminé)

"Prenez un homme, sortez-le de son contexte quotidien, rajoutez-lui quelques situations diverses et variées et il se trouvera toujours assis à la "mauvaise place" malgré lui. Une comédie sans paroles qui en dit long, Out of Place parle de cet homme ordinaire qui, ayant ouvert la porte de l'imagination et de la poésie, se lance dans une aventure rocambolesque. Cet homme - mi-mime, mi-clown - navigue entre le rire et les larmes alors qu'il joue dans un monde de contradictions. A son instar, nous sommes confrontés à une multitude de défis, tout en cherchant notre place dans la vie. Son parcours est le miroir de nos tribulations. Ouvrez une porte et cela pourrait changer votre destin."

Je suis désolée de parler si tard de ce petit bijou qui m'a tant émue et qui ne se produit plus depuis. Pourtant, quand j'y suis allée, j'avais beaucoup d'a priori et de réticence concernant le fait que c'était un spectacle de mime. J'avais peur de trouver cela un peu cheap. Loin de là ! Je me suis retrouvée amusée comme une enfant, mon imagination carburant comme jamais pour voir ce qui n'était pas là, comprendre ce qui se passait réellement et j'étais si enthousiaste à l'idée que chacune des personnes dans la salle devait voir la situation mimée sur scène différemment de celle que je recomposais dans ma tête, qu'on créait chacun notre propre spectacle avec une base commune. J'ai ri face aux séquences absurdes dans lesquels le personnage se débattait, fermant la porte à une vache, berçant un enfant trouvé par hasard, draguant une dame que j'imagine d'un certain âge et ce que je vous dis là, ce n'est peut-être même pas ce qui s'est vraiment passé dans le fond, qui sait ?


Les applaudissements arrivés, l'acteur reprend la parole, sortant de ce long silence parlant, pour nous inviter sur scène et prendre une photo de groupe ensemble. Je me souviens avoir été particulièrement surprise par sa voix, comme si elle sortait de nulle part, qu'elle n'était pas vraiment sienne après cette heure de gestes pour communiquer ! C'était si touchant !
 

"Louise Weber dit La Goulue" de Delphine Gustau
mis en scène par Delphine Gransart et Delphine Gustau
au Théâtre Essaïon
les vendredis et samedis à 21h30
jusqu'au 19 janvier 2019
(prolongations du 1er février au 30 mars et du 15 avril au 25 juin)

"Dans ce spectacle qui mêle humour, musique, sensualité et émotion, Delphine Grandsart (Cabaret, Mozart l’opéra rock) donne vie à Louise Weber dite La GOULUE. Accompagnée par Matthieu Michard à l’accordéon, elle embarque les spectateurs dans ce destin hors norme et empreint de liberté."

Combien de fois ai-je croisé cette affiche dans les rues de Paris ? Je ne serai dire ! Alors quand j'ai appris la reprise jusqu'à mi-janvier, ni une, ni deux, j'y suis allée. Après tout, je tire ce vieux pseudo de blog "Cuillère à absinthe" de Toulouse de Lautrec, de Montmartre, du Moulin Rouge et de tout cet univers qui m'a fasciné adolescente. La Goulue faisait partie de ce décor glorieux à jamais éteint. Je connaissais vaguement son histoire, l'ayant surtout aperçue dans des peintures sans rien en savoir en détails. Ici, Delphine Grandsart, nommée meilleure interprète féminine par les Trophées de la Comédie Musicale, illustre son histoire à l'envers, commençant par la fin pour revenir à l'origine du parcours de cette danseuse star de cabaret. Ce que j'ai trouvé exceptionnel, c'est comme elle ajuste son jeu dans les détails comme sa voix qui se module au fil du rajeunissement de Louise, même dans sa façon de chanter, de bouger, c'était si précis. Effrontée, jouant avec le public, effrayant même parfois les hommes à qui elle s'adresse, elle est si bien réincarnée qu'on dirait que la Goulue possède Delphine. L'émotion à la fin était presque intenable, j'avais les larmes aux yeux. Une démonstration de jeu d'actrice qui en dehors du sujet était vraiment bien maîtrisé !


"Pauline Cariou, chronique d'une vie décalée" de Blandine Bonelli
mis en scène par Blandine Bonelli
au Théâtre Funambule Montmartre
le samedi à 17h30 et le dimanche à 19h
jusqu'au 30 décembre 2018

"Et si la place attribuée enfant à la table familiale déterminait notre place actuelle dans la société ?
Adulescente des années 2000, Pauline se sent à l'étroit dans sa famille, son couple et son travail. Entourée de personnages hauts en couleur qui semblent aussi perdus qu'elle, Pauline nous embarque dans sa quête d'identité naviguant du huis-clos d'une famille conservatrice à une société en perte de repères qui permet tous les choix de vie possibles. C'est la question de la place. Celle qu'on occupe, celle qu'on nous attribue, celle qu'on décide de prendre un jour."

Invitée par Lisa Otjacques (elle-même sur scène dans le rôle de la sœur), je suis allée voir cette pièce avec l'idée que j'allais sûrement passer un bon moment. Et ce fut le cas, ce que j'ai ri, sincèrement ri. Je me répète inlassablement mais l'absurde et moi, c'est une histoire d'amour qui ne s'arrête pas. Alors si en plus celui-ci s'illustre dans le personnage d'une jeune femme qui ne sait pas trop ce qu'elle fait, qui se laisse marcher dessus par tout le monde, venant d'une famille allumée dont le père reprend mot pour mot des discours que mon propre paternel m'a dit à multiples reprises, vraiment, je ne peux pas me sentir plus en connection avec le fond de cette chronique. Il y a un peu de nous toutes dans Pauline Cariou et dans ses efforts pour reprendre le contrôle de sa vie. Et le texte ! Ah ce qu'il était absurde ! Les conversations sur la fidélité aux supermarchés, la mère qui vit dans son frigo, l'expédition dans la tête de Pauline pour observer ce qu'elle y range, le tout nourri par une mise en scène dynamique et inventive. Si un dimanche vous vous baladez dans les hauteurs de Montmartre et que vous voulez finir la journée en beauté, faites un tour au Funambule, vous ne le regretterez pas !

Be First to Post Comment !
Enregistrer un commentaire